deux jours à tuer
On compare souvent Jean Becker à Sautet, sans doute parce que l'un et l'autre, sous d'apparentes facilités, se glissent dans le coeur humain pour nous montrer que nos émotions sont partagées ou à l'inverse que celles des personnages sont aussi les nôtres. Ce "Deux jours à tuer", remarquablement interprété par Albert Dupontel et Marie-Josée Croze, est un exemple de ce que l'on peut vivre au travers des sentiments des autres, jusqu'au malaise parfois: la façon dont le héros, Antoine, envoie tout le monde bouler, et surtout ceux qu'il aime, peut déranger jusqu'à la nausée. J'ai regretté un peu la deuxième partie du film qui, bien qu'elle nous permette de retrouver un Pierre Vaneck parfait en vieil homme solitaire et bourru dans des paysages d'Irlande somptueux, vire un peu trop au mélo et fait ainsi perdre de sa puissance à une histoire au demeurant bouleversante. J'ai un peu ri et pleuré, comme Sautet aurait si bien su me le suggérer. Et l'histoire conduit à nombre de réflexions...existentielles, si l'en est. Mais chtttt....faut pas tout raconter!

Spirit of Intimacy, ou "Les enseignements traditionnels sur l'intimité" de Sobonfu E.Somé, n'est malheureusement pas traduit en français. Son auteur, originaire du Burkina Faso, vit au Etats-Unis et raconte comment nous, en Occident, avons perdu notre lien avec l' "esprit" en toute chose, et en particulier dans nos relations. C'est simple et beau, comme tout enseignement véritable.
Je n'y ai pas coupé...et ne regrette pas. Dany Boon tord le coup aux clichés, pas toujours avec finesse, mais avec tellement d'humanité et de tendresse. J'ai bien ri: ce ne sont pas tant les dialogues qu'un véritable comique de situation qui m'a pliée en quatre. Mais ce qui fait le succès de ce film est sûrement le fait qu'il touche en fait à beaucoup plus qu'il n'en a l'air. Ce sont toutes nos oeillères qui sont mises en question, notre regard sur les choses et les gens, et c'est fait avec tant de gentillesse que c'en est irrésistible. Et puis pour rester dans le régionalisme, n'oublions pas ce dicton que j'ai d'ailleurs entendu toute ma vie car si je suis bretonne par mon père, je suis ch'ti par ma mère..."Le Nord, il fait pleurer deux fois les gens qui s'y installent: quand ils arrivent et quand ils partent." ....






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