pas seulement le Tibet

De même que Ingrid Betancourt est un emblème pour tous les otages de Colombie et plus largement du monde entier, le Tibet représente toutes les minorités écrasées non seulement par un pouvoir central  implacable et tyrannique, mais par notre silence tout aussi destructeur.

Tchétchénie, Darfour, minorités ethniques en Asie, en Afrique, et dans une moindre mesure en Amérique, sont baillonnés par l'indifférence des medias, qui est aussi la nôtre.

L'Occident fait semblant de s'énerver face à la Chine toute puissante et feint d'ignorer ce qui se passe ailleurs, au nom de...de quoi d'ailleurs? Des lois du marché, bien sûr....c'est bien pour cela que le CIO a choisi Pékin, après tout. Sous prétexte d'inclure plutôt que d'exclure, ce qui en soit est une démarche évidemment plus que souhaitable, aucune garantie n'a été prise sur le droits du peuple tibétain.

L'amour est exigeant. Aimer la Chine ne signifiait pas tout accepter. Nous le savons bien, les Etats-Unis n'aiment pas l'Irak, ils aiment le pétrole et le pouvoir. Mais ne nous leurrons pas, les Etats-Unis ne sont pas extérieurs à nous, ils sont une part importante de nous, qui privilégie ses intérêts et son pouvoir dans bien des circonstances. Bush est parfait, en quelque sorte: il nous donne l'occasion de regarder où nous en sommes, nous-mêmes. Sarkozy est parfait: nous l'avons élu à notre image: impulsif, désordonné, sentimental, créatif, immature. De même que les Etats-Unis ne sont pas à l'extérieur de nous, les Chinois, les Russes, les Soudanais ne le sont pas non plus: ils sont ces ombres en nous que la géo-politique nous reflète; et les détracteurs de Sarkozy ne sont pas étrangers à ses électeurs non plus...





des avares

Il est un travers que je supporte particulièrement mal chez les personnes que je rencontre: l'avarice. Or, au vu du nombre de radins qui traversent ma vie, j'ai pris conscience d'avoir attiré à moi des miroirs de la difficulté de ma relation à l'argent.

Le plus amusant -ou, selon, le plus agaçant- avec les radins, est la façon systématique qu'ils ont de ne pas se voir. Ils se considèrent la plupart du temps comme des économes ou des personnes qui prennent au sérieux la gestion de leurs biens...Or, la générosité n'est pas liée à l'abondance de biens: les Picsou et les Avares sont légions, et bien souvent, au contraire, les gens qui possèdent peu sont prêts à donner leur chemise....

J'ai parmi mes amis des gens que j'aime beaucoup, capable de donner beaucoup d'eux-mêmes mais qui ont des oursins dans leurs poches...

De mon côté, j'ai conscience d'être à l'exacte opposée de ces comportements. Je suis dépensière et, je crois, généreuse. Et je ne prends pas l'argent au sérieux. Parfois pas suffisamment, je l'avoue. Et je sais que, tant qu'une infime part de mon être croira, à l'instar de ce que j'ai reçu, que l'argent est un moyen de manifester son affection, je continuerai de faire ces rencontres. J'ai en effet grandi dans la culture du cadeau...

Par ailleurs, je vois également que les radins sont des personnes insécurisées qui ont besoin de retenir. Alors, évidemment, et malgré ma compréhension, leur comportement, leur dépendance à leur argent vient se cogner à ma dépendance de manifestations d'affection. "La peur est l'âme de l'avarice" disait le philosophe Alain.

Nous sommes d'accord, l'argent est une énergie, et j'ai déjà plusieurs fois évoqué ce sujet. Il n'en reste pas moins que cette énergie, loin d'être déliée dans mon inconscient, attire la même énergie liée, même si son expression semble contraire.

des seniors

Conséquence du jeunisme que j'évoquais hier, les quinquas sont " des vieux" et les retraités, à 60 ans, presque des ancêtres! Les premiers sont mis au ban de l'entreprise par une société qui privilégie le savoir à l'expérience et la course de vitesse à celle de fond; les seconds, quant eux, reçoivent comme remerciements pour leurs services rendus, une allocation de plus en plus minable qui les confinent, pour certains, au bord de la marginalisation.

Bizarrement, le coaching, outil de "savoir-être", se répand dans l'entreprise comme instrument de "savoir-faire" pour produire et avoir toujours plus. On est en pleine incohérence! Les stages et séminaires pour faire face au stress se multiplient, la connaissance de soi pointe son nez à la porte des comités d'entreprise, et en même temps ceux qui portent en eux le fruit de leurs années de vécu, de réflexions, et s'intéressent un peu plus à qui ils sont et au sens de la vie, ceux-là mêmes qui pourraient apporter un peu d'humanisme, de pondération, de maturité, sont congédiés sans façon.

Les vagues campagnes menées sans conviction en faveur de l'emploi des quinquas n'ont rien donné. Alors je dis aujourd'hui qu'ils sont peut-être une chance pour notre société, tous ceux qui, dans la force de leur âge, se ré-orientent vers les métiers de l'humain, et ils sont de plus en plus nombreux. Se multiplient aussi ceux qui constatent le vide laissé par des années dans un métier qui n'avait pas grand sens et des entreprises qui les ont broyés et décident de retrouver une activité rémunérée plus en accord avec leur être et la communauté.

Je n'ai pas de solution à apporter, ceci est juste un constat.

apprendre les noms d'enfants juifs persécutés

La dernière intervention du Président de la République me paraît inutile et malvenue.

D'abord, je comprends mal que l'on fasse un distingo entre racisme et antisémitisme. Le racisme est le racisme et manifeste l'exclusion de l'autre, quelle qu'elle soit.

Ensuite, il me semble qu'à pointer sans arrêt la différence, on nourrit ce que l'on souhaite éradiquer. Les enfants de cet âge, CM2, n'ont pas encore le libre-arbitre qui leur permettrait de ne pas faire d'amalgame: ainsi, ils confondent facilement nazis et Allemands. En leur inculquant les noms de ces enfants juifs martyrisés et assassinés lors de la Shoah, ils vont retenir des noms, qu'ils ne manqueront pas de retrouver parmi leurs camarades de classes: c'est ainsi que l'on remarque la différence et qu'on inculque l'ostracisme.

Enfin, encore et toujours, cessons de nous engluer, ou d'engluer les autres, dans des positions de victimes; il ne s'agit pas de nier l'horreur de ce qui s'est passé, bien sûr, ni l'existence, au coeur de l'humain, de cette ombre terrifiante et de la possibilité du passage à l'acte. Mais le passé est le passé et ce devoir de mémoire entretient la société dans le jeu infernal du Triangle de Karpman, victime, sauveteur, persécuteur.

à quand l'interdiction de boire?

Je ne fume plus depuis 9 mois. Ce n'est pas la première fois: j'ai déjà arrêté 11 ans et ai replongé en 2001. Depuis 2002, je me suis arrêtée tous les ans, entre deux et sept mois. Cette fois, j'ai donc dépassé mon record de ces dernières années.

Je reprends à chaque fois sans réelle culpabilité: je sais que chaque fois je me rapproche du succès définitif. Comme l'enfant qui apprend à marcher, je trébuche et ce n'est que pour mieux réussir. J'ai vraiment envie de m'arrêter définitivement.Je n'aime, lorsque je fume, ni mon haleine, ni ma voix qui baisse d'un ton et s'éraille, ni mon souffle qui s'étiole. Je ne parle même pas de la dépendance: je suis dotée d'une personnalité addictive, et d'ailleurs atteins mon but grâce au déplacement de l'addiction: je mâchonne des chewing-gums à la nicotine à longueur de journée.

Bref, les fumeurs ont toute ma sympathie. Et la nouvelle loi, beaucoup moins! Oui, un civisme élémentaire, c'est-à-dire le moindre respect de l'autre, voudrait que l'on prête attention au voisin empoisonné sans rien avoir demandé. Cette interdiction massive est une profonde atteinte à la liberté. Après tout, quelques bons restaurants avaient décidé depuis longtemps de bannir le tabac de leur paradis gustatif.  Il était du choix de chacun de s'y rendre, ou pas.

L'état se mêle de tout! et ce n'est pas une bonne chose. On ne règle rien par la seule interdiction et des moyens dérisoires pour aider les malades que nous sommes, encombrés d'une camisole psychologique qui nous pousse au geste compulsif.

La prohibition, l'histoire nous l'enseigne, n'a engendré que corruption, marché noir, et crimes. Oui, je sais bien, ce n'est pas la vente du tabac qui est interdite. Mais un pas a été franchi, qui exacerbe les tensions entre fumeurs et non-fumeurs, ceux-ci se posant en moralisateurs pendant que ceux-là se trouvent ostracisés et réduits au verdict de criminels. D'ailleurs, l'état, qui se mêle de plus en plus de notre vie privée, n'y songe pas: les bénéfices engendrés par la vente du tabac demeurent prioritaires.

Dans les petits villages, le café est le lieu de rencontre, celui où circulent les brèves de comptoirs et où l'on se retrouve pour vivre ensemble la finale de la coupe du monde ou les élections. Entre un petit café, une bière,  un petit ballon de roug et une clope, on refait les équipes, on écharpe un candidat, on renvoie un arbitre. On tape la carton, on rit, on s'engueule, et c'est bien ainsi. Ces petits bars agonisent. C'est la France profonde qui souffre.

A quand l'interdiction de boire dans les lieux publics?

apprentis sorciers

Après les fécondations in vitro, les transferts d'embryons, les inséminations presque systématiques des vaches afin de multiplier la production de viande et de lait, on veut maintenant nous faire manger de la viande d'animaux clônés.

Evidemment, je n'ai rien contre les fécondations assistées lorsqu'il s'agit de pallier à l'infertilité ou la stérilité.
J'ai moi-même eu recours à la science -sans succès- au début des années 80.

Mais la course à la productivité est un tout autre problème. J'ai lu et entendu pas mal d'énormités à ce sujet,et la plus absurde, la plus cynique même, étant que la production de viande et de lait issus d'animaux clônés pourrait être une solution à la faim dans le monde! Produire de plus en plus dans les pays dits du nord permet-il de nourrir ceux du sud?

D'après un rapport du WWF datant de la fin du siècle dernier, il faudrait, au rythme de notre croissance, deux planètes et demi pour nourrir l'humanité. Dans le même temps, nous savons le gâchis que nous faisons de la nourriture, les tonnes de lait et de céréales jetés pour faire fonctionner le commerce international.

La terre est bonne mère et il y a assez pour tous. Suffisamment pour nourrir tout le monde. Cependant nous ne résoudrons pas le problème de la faim en faisant l'aumône, mais bien plutôt par le transfert de technologies. Quelles technologies? Je ne crois pas que les OGM et le clônage soit the solution! Apprendre à pêcher plutôt qu'offrir des tonnes de poissons identiques...



pariwood

Stoooop! Quel est ce fracas autour du Président? Deux personnes célèbres se rencontrent, se plaisent, tombent dans les bras l'une de l'autre; n'est-ce pas tout simplement banal? C'et le Président de la République? et alors?

Parallèlles justifiés entre Carla et Cécilia. Tout le monde le sait, nous répétons toujours les mêmes scénarios...mais plutôt que de parler des pommettes hautes de l'une et l'autre, regardons plutôt les pommettes et les yeux de sa mère...Sarko et Carla, ce ne sont que de croqueurs qui croquent...Justine Lévy, la fille de Bernard-Henri, disait dans son livre émouvant sur sa rupture avec son mari,Raphaël, tombé sous le charme de la belle mannequin-chanteuse-séductrice: "chaque histoire d'amour est le brouillon de la suivante."

Il y a des années, lorsque Giscard se fait épingler dans le Bois de Boulogne avec une dulcinée, on criait au scandale tout en riant sous cape; la fille cachée de Mitterand a attendri le pays; on a reproché à Roland Dumas ses chaussures mais pas Christine Deviers-Joncour; parce qu'en France, avoir une maîtresse c'est normal...mais afficher une vie ouverte, ça dérange...

Alors, arrêtons. Ce n'est qu'un fait divers après tout. Et le miroir de notre société...nous évoluons, le couple évolue, observons, constatons. Et après tout, Nicolas est le Président de la République, pas le Pape!

le web 3

Le web3, tout le monde en parle : sur les blogs, à la radio, à la tv...bon, moi, ça me dépasse un peu, mais pa grave, cahin-caha je suis comme je peux. Hier soir, sur Europe 1, interview de Loïc Le Meur: je le connais pas, LLM, mais l'impression d'être de la même famille! C'est marrant. Ouais, vous vous rendez compte, une vedette à la radio et même que j'lai déjà vu! D'accord, c'était à Saint Germain des Près, il courait dans un sens et moi dans l'autre...

N'empêche...pour les quinquas dans mon genre, les mamies, les papies et les super Tartine (ah, ça, Tartine, les djeuns, y connaissent pas!), c'est de l'émerveillement en barre. Et pis, savez ce qu'il a dit, LLM? "Les blog, on n'en parle même plus. Simplement parce qu'ils sont là, entrés dans les moeurs."

Moi, cela fait un peu plus de 2 ans 1/2 que j'écris presque tous les jours. C'est entré dans mes moeurs! Maintenant, va falloir que je me mette à Seesmic. Mais déjà que je sais pas tripatouiller mes photos pour les envoyer au concours d'Mry...c'est pas gagné! J'ai bien acheté une webcam y'a quelques temps, mais j'ai pas franchi le pas de mettre ma bobine en ligne en train de parler. et pi, j'comprends pas bien tous les geeks, buzz, et tutti quanti.

Bon, tout ça c'est pas grave mais faut pas trop se faire larguer; alors, j'm'accroche...

stop!

Hier soir, un sketch d'Anne Roumanoff m'a bien fait rire...un peu jaune quand même:

"En 1789, on manifestait pour que ça change; en 1968 on manifestait pour que ça change; en 2007, on manifeste pour surtout ne rien changer!!!"






sous-développement autoroutier

Aujourd'hui, je prends la route pour rentrer chez moi. Berry - Côte Basque, grosso modo 660 kms. Normalement, on pourrait envisager 5h1/2 de route.

Normalement? Qu'est-ce ce que ça signifie? Existe-t-il une normalité en termes de transports routiers? Et bien oui... la normalité est représentée par les autoroutes et les lignes ferroviaires qui traversent la France du Nord au Sud et vice-versa. En passant par Paris.

Les axes transversaux français sont sous développés et il me faut entre 7h et 7h30 pour rentrer chez moi. Il y a quelques mois, j'avais envisagé me rendre à Lyon, mais Bayonne-Lyon en train = 14h! C'était moins long de passer par Paris!

De la même façon, tous les Français ne peuvent pas prendre leur vélo pour se rendre à leur travail, Madame Lagarde! La France est plus grande que sa capitale, le saviez-vous?