Osho: personne ne peut me tuer

" En moi, ce qui est matière retournera à la matière et ce qui est conscience retournera à la conscience; personne ne peut donc me tuer. Vous pourrez me couper la tête, mais votre épée ne me touchera pas. L'épée est matérielle, elle ne peut toucher le spirituel."
Osho - Un art de vivre et de mourir

de la psychologie transpersonnelle

La psychologie peut-elle se passer de la spiritualité? Ou, en d'autres termes, de la philosophie? J'avais déjà évoqué ce sujet dans un post du 17/04/2006.

L'un des pièges de la psychothérapie "classique", de l'analyse freudienne, me semble justement de maintenir la personne dans son psychologique. Or, nous ne sommes pas qu'un corps et un ego. Psyché signifie âme et la psychologie paraît l'avoir un peu oublié.

C.G. Jung s'est séparé de Freud pour cette raison. D'après lui, et je partage son opinion, l'homme est plus que son conscient et son inconscient, simplement parce que le tout  est plus que la somme des parties. C'est en faisant l'union des deux que l'on atteint l'équilibre. « Pour sauvegarder la     stabilité mentale, et même la santé physiologique, il faut que la conscience et     l'inconscient soient intégralement reliés, afin d'évoluer parallèlement. S'ils sont     coupés l'un de l'autre, ou "dissociés", il en résulte des troubles     psychologiques."

C'est un poncif désormais de dire qu'un problème ne se résout pas au niveau auquel il se trouve. Par exemple, on ne résout pas la criminalité par la peine de mort...Mon expérience m'a montré que c'est en accompagnant la personne dans sa globalité, corps, âme, esprit, en ne faisant l'économie d'aucun de ses aspects, que des sauts quantiques sont accomplis. Et particulièrement lorsque l'on passe du psychologique à l'universel. Car nous sommes des êtres universels.

"Le rétablissement arrive seulement avec ce qui amène le patient au-delà de lui-même et au-delà de ses complications avec l'ego."

 C'est la voie de la psychothérapie transpersonnelle. Le terme "transpersonnel" a été d'abord utilisé par Jung, puis par d'autres théoriciens, comme A. Maslow et S. Grof. Il signifie que la voie de la guérison, en allant au-delà du corps et de l'ego, passe par des chemins décrits dans différentes voies spirituelles.

"Selon Abraham Maslow, la psychologie transpersonnelle doit être considérée comme une quatrième force dans le champ de la psychologie. La première est la psychologie des profondeurs, décrite par Freud et qui nous parle de motivation, de psychodynamique et de pathologie mentale surtout à travers des études de cas. La seconde est le béhaviorisme qui étudie l'apprentissage, les comportements conditionnés et observables en mettant l'emphase sur la méthode expérimentale. La troisième est la psychologie humaniste qui est surtout concernée par la condition humaine, les émotions, les attitudes et la thérapie.

La psychologie transpersonnelle diffère de ces "forces" en ne se limitant pas à l'étude du fonctionnement humain normal ou anormal. Elle étudie aussi le supra-normal et les états dans lesquelles les humains évoluent au-delà de leur niveau de fonctionnement quotidien. Les états de conscience altérée obtenus dans la méditation et lors du sommeil dans le rêve, les expériences spirituelles, paroxystiques et transcendantes touchent l'être humain dans plusieurs aspects de sa nature. La psychologie transpersonnelle s'intéresse à l'impact de ces expériences dans les dimensions intellectuelle, émotionnelle, corporelle, communautaire, créatrice et spirituelle."

( c'est ici )


       

 

lectures

Il m'arrive de rester des semaines, voire des mois, sans lire autre chose que des magazines. C'est sans doute le temps qui m'est nécessaire pour ingurgiter les ouvrages que j'ai dévorés. Puis, digestion terminée, l'appétit revient, et c'est ce qui est train de m'arriver.

Naissance_dun_chamanJe viens de terminer le premier livre de Philippe Lenaif, Naissance d'un chaman. A mon sens, il n'a pas la puissance du second, évoqué ici il y a peu, J'ai dansé avec mon ombre. Et puis, je suis un peu dérangé par quelque chose que j'avais déjà suspecté dans le premier lu: un soupçon de toute puissance se confirme au fil des pages. "Tout à l'heure, je vous disais que mes compétences ne relèvent pas d'un apprentissage, d'un écolage, mais d'un don qui a demandé une quinzaine d'années à être maîtrisé. On ne peut donc pas prétendre créer un "guérisseur" de toutes pièces: on naît avec cette particularité, cette disposition qui nécessite qu'on y consacre attention, des années durant, pour aboutir à en faire quelque chose de sérieux."

Je suis un peu dérangée par ce genre d'affirmation. Je crois en effet que nous avons tous ces capacités, que nous naissons tous avec des/ces dons, dont nous ne prenons conscience que dans la mesure où ils font partie du plan de vie de notre âme.

Cela ne m'empêche de recommander chaleureusement ces deux livres qui, au-delà du parcours initiatique de l'auteur, proposent des clés sur notre propre chemin.

Maintenant, je commence un autre livre, d'un auteur que j'aime beaucoup, Irvin Yalom, célèbre psychiatre américain, qui parle avec profondeur et beaucoup d'humour. Ses livres, et c'est rare, ne se lisent pas comme des essais sur la psychothérapie, mais comme de véritables romans. Bon, j'en dirai plus quand je l'aurai terminé, bien que je sache d'avance qu'il va me plaire. Mais il est intéressant de noter que cet ouvrage, que l'on croit ici le plus récent, a été en fait publié en 1992 et vient seulement d'être traduit!

Yalom_

Du même auteur, pour votre plaisir: Le bourreau de l'amour, mensonges sur le divan, Apprendre à mourir-la méthode Schopenhauer.

Enfin, une citation de Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra) mise en exergue du bouquin:

"Il te faudra te consumer à ta propre flamme; comment naîtras-tu de nouveau, si tu n'étais d'abord consumé?"

de l'Amour/du couple (Ph.Lenaif)

"...nous sommes arrivés à la conclusion que ce qui unit habituellement les êtres n'est pas l'amour, mais les projections névrotiques. Ce qui fait palpiter nos coeurs, ce sont surtout nos grands élans de névrose amoureuse, c'est quand on perçoit l'autre comme l'être idéal par qui toutes nos contractions vont disparaître. Malheureusement, une grande part de l'humanité confond amour et dépendance affective névrotique de l'autre.

Pour nous, l'amour, c'est avoir le courage de reconnaître que l'autre n'est qu'un miroir, et que toutes les contrariétés vécues dans la relation trouvent leur origine dans notre chaos intérieur. L'amour, c'est accepter que le seul pouvoir qui soit le mien est celui de transformer mon vécu dans la relation à l'autre; c'est affronter mon ombre avec humilité; c'est préserver l'autre de tout jugement en m'attaquant à ma propre douleur, à mes propres blessures qui conditionnent la subjectivité de ma perception de la réalité et donc de l'autre; c'est accepter la responsabilité de qui je suis, de comment je suis, sans dégouliner mes misères dans l'oreille de l'autre, sans lui faire porter le poids de ma charge. Chaque fois qu'un être transforme un peu de son chaos intérieur, des projections tombent, de l'autonomie, de la liberté et de l'Amour se dégagent. La paix dans le monde passe par la paix en soi.
Quand chacun des deux agit de la sorte, il naît confiance, sécurité, respect et admiration. Tant que nous aurons des blessures à guérir, nous serons humains. Tant que nous serons humain, l'Amour nous échappera toujours (un peu, beaucoup....) au profit de la névrose. Mais en conscience, on peut faire la dmarche de s'en approcher tous les jours un peu plus.

Philippe Lenaif - J'ai dansé avec mon ombre - Ed. Le Souffle d'Or

l'écoute thérapeutique (bis)

Richard Moss, verbatim:

"Ecouter est la thérapie. La vibration est le traitement."

" La conversation avec l'autre est une conversation avec Dieu"

"Dans la méditation, et aussi dans tout autre chose, l'important n'est pas ce qu'elle amène, mais la relation avec ce qu'elle amène."

"Si je parle de "mon" énergie, je suis séparé et dans la limitation. L'Energie est inépuisable. C'est un champ auquel nous avons accès. Elle est toujours là, et elle n'est pas la nôtre."

"Plus on est spacieux, moins on a besoin de stratégie."

l'art de l'écoute

Coute Escapade à Paris: séminaire avec Richard Moss, dont le thème est: "l'art de l'écoute dans la relation thérapeutique." Il en dit:

" Il existe plusieurs niveaux d'écoute. au premier niveau, -le moins productif- nous écoutons pour voir si notre propre point de vue est validé. Cette "écoute de survie" est réflexive et réactive. En tant que psychothérapeutes, nous apprenons à écouter au-delà du niveau de nos propres bio-réactions et zones d'identification. Au niveau d'écoute suivant, "lécoute des faits", nous écoutons pour apprendre: nous prêtons attention au contenu. Ensuite, vient l'écoute emplie de compassion. Nous écoutons afin d'identifier et d'apprécier la réalité émotionnelle de la personne qui parle. Notre écoute vient d'un endroit qui se situe plus profondément que notre désir de répondre ou de doner du feed-back. Nous sommes à l'écoute de la vraie raison de la communication qui réside derrière le paroles...
Si le plus cadeau que nous puissions offrir à quelqu'un d'autre, c'est la qualité de notre écoute, de notre attention et de notre présence, alors le thérapeute, à travers sa manière d'écouter, peut donner à vivre à ses clients une expérience profondément réparatrice et révélatrice. Réparatrice dans la reconnaissance de ce qu'il est avec ses blessures et ses souffrances et révélatrice de sa dimension d'être."

Je me réjouis de ces deux jours à venir, en attendant un plus long stage d'une semaine avec le même, mi-Février, suite de celui que j'ai fait en Août dernier.

A signaler: la parution en français de son livre "Le Mandala de l'Être"

Byron Katie: "A thousand names for joy"

Le livre n'existant pas en français, la traduction est de mon cru:

"Tout arrive pour vous, non "à vous"."

"
Bonnes choses, mauvaises choses; bonnes personnes, mauvaises personnes. Ces opposés ne sont valides que par contraste. Est-il possible que ce qui vous paraît mauvais soit seulement ce que vous n'avez pas clarifié? La réalité -telle qu'elle est en elle-même- chaque chose, chaque personne, se tient bien au-delà de votre capacité de jugement."

"Tout qualité que vous voyez chez d'autres est après tout ce que vous voyez, et ce que vous voyez vient de vous-même."

"Le plus attirant au sujet de Bouddha est qu'il a sauvé une personne -lui-même. C'est comme les instructions de sécurité à bord d'un avion en cas de dé-pressurisation : mettez d'abord le masque sur votre visage puis mettez en place celui de votre enfant."

"Nous rencontrons toujours ce dont nous avons besoin, pas ce dont nous croyons avoir besoin"

"Toute pensée génératrice de stress est le résultat d'une remise en cause de la réalité."

"Nous ne sommes pas attachés au gens mais à l'idée que nous nous faisons d'eux."

"Personne, jamis, ne vous comprendra. En prendre conscience est source de liberté. personne ne vous comprendra jamais. Même dans notre plus grande capacité decompréhension, nous ne pouvons comprendre que l'histoire que nous nous racontons à votre sujet. Il n'y a pas d'autres compréhension que la vôtre sur vous-même."

"La défense est le premier acte de guerre."

(la suite quand j'aurai terminé ce merveilleux livre.)

St Ignace de Loyola: faire et laisser faire

"Prie car tout dépend de Dieu et agis comme si tout dépendait de toi."
(Saint Ignace de Loyola)

A savoir qui est Dieu? Pour les uns, la puissance créatrice et divine à l'extérieur, pour les autres la même à l'intérieur, pour d'autres encore les deux. Peu importe finalement, cette magnifique citation s'adapte à toutes les croyances.

Dans le premier cas, la prière s'adresse au Tout autre, dans l'autre cas, ce Tout Autre se situe au plus intime de Soi. Pour moi, il est à la fois Le Même et Tout Autre, le UN. Car ce qui est à l'extérieur est l'intérieur, et vice-versa.

Prier, à mon sens, revient alors à se connecter et à ne faire plus qu'un avec l'univers: c'est cette force qui nous met en marche et attire la réalisation.










Jung: la voie de l'individuation

"La voie de l'individuation signifie: tendre à devenir un être réellement individuel et, dans la mesure où nous entendons par individualité la forme de notre unicité la plus intime, notre unicité dernière et irrévocable, il s'agit de la réalisation de son Soi, dans ce qu'il a de plus personnel et de plus rebelle à toute comparaison. On pourrait donc traduire le mot "individuation" par "réalisation de soi-même", "réalisation de son Soi"...
La réalisation de son Soi est à l'opposé de la dépersonnalisation de soi-même. Prendre l'individuation et la réalisation de son Soi pour de l'égoïsme est un malentendu tout à fait commun; car les esprits font en général trop peu de différence entre l'individualisme et l'individuation. (...)L'individuation est synonyme d'un accomplissement meilleur et plus complet des tâches collectives d'un être, une prise en considération suffisante de ses particularités permettant d'attendre de lui qu'il soit dans l'édifice social une pierre mieux appropriée et mieux insérée que si ces mêmes particularités demeuraient négligées ou opprimées.
L'individuation n'a pas d'autre but que de libérer le Soi, d'une part des fausses enveloppes de la persona, et d'autre part de la force suggestive des images inconscientes."

(C.G. Jung - Dialectique du moi et de l'inconscient)

du contre-transfert

Souvent j'ai parlé ici du miroir qu'est l'autre, quel qu'il soit. Cette prise de conscience modifie radicalement la vision que nous pouvons avoir de nos relations, et de la vie en général. Mais il est parfois difficile d'accepter que la personne en face de nous, lorsqu'elle nous semble antipathique ou doté d'un problème qui nous paraît totalement étranger, nous renvoie une part cachée de nous-mêmes.

Cette notion de miroir est à la base de ma pratique de superviseur. Je continue d'être époustouflée par ce que mes clients m'apportent en termes de miroir, pour le meilleur de mon évolution, professionnelle et personnelle. Il n'en est pas un dont je n'ai pu me dire qu'il n'arrivait pas devant moi par hasard! Chacune de ces rencontres me permet de devenir meilleure, nous seulement en tant que thérapeute, mais en tant qu'être humain. Contrairement à une idée répandue, je crois profondément que la relation thérapeute ou coach/client est une relation d'égal à égal.

Irvin D. Yalom, dans son délicieux livre, "Le bourreau de l'amour - histoires de psychothérapie" dit ceci:

"
Les plus grands champions de tennis du monde s'entraînent cinq heures par jour pour éliminer les faiblesses de leur jeu. Les maîtres du zen aspirent sans fin à la sérénité de l'esprit, la danseuse étoile  à l'équilibre parfait; et le prêtre fait jour après jour son examen de conscience. Chaque profession possède un éventail de possibilités à l'intérieur duquel celui qui la pratique peut rechercher la perfection. Pour le psychothérapeute (et le coach), ce domaine, ce programme d'amélioration inépuisable d'amélioration de soi dont on ne voit jamais la fin, s'appelle dans le jargon du métier contre-transfert. Alors que le transfert désigne le processus par lequel les désirs inconscients du patient se rapportent sur le thérapeute - désirs qui ont pour origine des relations antérieures et sont par erreur orientés ("transférés")sur le thérapeute-, le contre-transfert désigne l'inverse -les sentiments tout aussi irrationnels du psychothérapeute qui le portent vers la personne du patient. ... Le contre-transfert s'introduit dans chaque psychothérapie."

Récemment, un client coach en cours de supervision me disait à ce propos: "Je veux bien que cette notion soit vraie avec certains de mes clients, mais pas tous." Ben voyons...! La question est justement là! Car c'est bien là où le client nous dérange, là où nous bloquons, que ce soit sur une personnalité, un physique, une situation, que nous pouvons commencer de nous interroger sur nous-mêmes. Chaque relation, comme chaque rencontre dans la vie en général, est une opportunité, pour l'un comme pour l'autre.  Personnellement, particulièrement au début de ma pratique, j'étais étonnée de constater le nombre de points communs entre mes clients et moi. C'est en supervision que j'ai pu prendre conscience que j'attirais à moi des personnes qui me permettaient de satisfaire mon besoin fusionnel...et d'y travailler!

La relation thérapeute ou coach/client n'est anodine ni pour l'un ni pour l'autre.