Nous savons tous que nous allons mourir un jour. C'est une échéance incontournable qu'un petit coin de nous espère tout de même contournable. Peur de l'inconnu, de l'Inconnu...du jugement, du vide, du rien, de l'enfer. Quand j'étais enfant, je m'endormais avec un chapelet dans la main, au cas où...La mort, nous faisons tout notre possible pour ne pas y penser ou au contraire la rendons très présente pour l'exorciser. Nous savons tous que nous allons mourir. Mais savoir n'est pas intégrer. Pendant longtemps, elle semble loin devant, ou destinée aux autres, un léger sentiment d'éternité nous habite, et peut-être d'ailleurs que c'est un subtil surgissement de l'éternité qui vibre au coeur de notre être et
que nous confondons avec celle de notre corps et de notre esprit mental. Puis vient un moment, quand la maladie ou un accident ne nous a pas aidé plus tôt à le faire, quand les années font leur travail, où notre finitude devient une part vivante de nous-mêmes. Pour ma part, un état de crise récent m'a permis soudain de faire mien le grand départ. Tout à coup, regardant ma vie, sa richesse, les merveilleuses rencontres que j'ai pu faire, mon chemin, tout ce que j'aiappris, vu, entendu, admiré, savouré, tout a pris la couleur de l'accompli,même si j'ai tellement envie d'accomplir encore beaucoup. Et soudain, mesurant le cadeau de cette vie, ma finitude a coulé en moi comme un nectar et plus comme un poison. Non que je souhaite partir, mais la peur s'est dissoute, et avec elle toute croyance et tout espoir vain. Et je m'étonne encore à chaque instant de ce nouvel état d'être. Cela étant dit, je ne suis confrontée à aucun danger vital immédiat, et ignore comment je serai et me comporterai au moment de l'échéance. Nul ne peut savoir comment il fera face, le jour venu, au larguage de ses amarres. Je me sens très humble et goûte simplement à cette nouvelle tranquillité avec laquelle je me sens comme un enfant. Chaque souffle m'est un cadeau, et la danse de mes cellules, quand je suis assez présente pour les sentir palpiter, est un émerveillement de chaque instant.





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