Le DSM IV, bible de la psychiatrie américaine, utilisé largement sous nos latitudes, pose de plus en plus de question. Cet ouvrage de réfrence classifie les critères diagnostiques des troubles mentaux. Il est beaucoup critiqué pour la façon dont il cherche à satisfaire l'industrie pharmaceutique. Mais il est un autre point essentiel: il tend à poser des étiquettes indélébiles sur des personnes à qui, peu ou prou, on interdit par ce processus d'étiquetage toute évolution. Il existe des maladies dont on ne guérit pas, il est important également de pouvoir classifier certains troubles afin de mieux les traiter. Cependant, on en vient à confondre rapidement la personne et ses symptômes, exactement comme pour n'importe quelle maladie. Or, la personne n'est pas sa maladie, n'est pas sa psychose, ou sa névrose. Nous avons tous des disfonctionnements psychiques, mais nous avons tous la possibilité de les faire évoluer. Les médicaments peuvent être déterminants dans certains cas, mais ils ne sont pas la seule voie de traitement. Par ailleurs, chaque personne est unique et la combinaison des troubles qu'elle peut manifester n'enlève rien à son unicité, d'où la nécessité d'adapter le traitement à chaque individu. La prise répétée de traitements médicamenteux lourds tait, refoule et masque toute possibilité d'évolution.
Nos maladies mentales sont des maladies sociales, culturelles, diagnostiquées en fonction d'une normalité parfaitement subjective. Comme le soulignait Marie-Louise von Franz, "un homme se promenant nu ici est un fou, en Inde c'est un sage."
D'après certains médecins, le DSM IV porte en lui la possibilité d'une incompétence. L'écoute est remplacée par la manuel. Les médecins français prennent de plus en plus de distance avec le DSM, et tendent progressivement à ne plus poser de mots sur un ensemble de symptômes, et à prendre leur distance avec une classification réductrice. LE DSM IV est utile pour guider le médecin ou le thérapeute à poser un diagnostique, mais il ne peut en aucun cas être "parole d'évangile". Aucun article, aucun manuel ne pourra remplacer son écoute et sa présence.





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