C'est un sujet récurrent, donc j'y reviens aussi de façon récurrente. Tous les ans se renouvelle la marche pour la vie et je trouve formidable que des gens se réunissent autour de la vie. En même temps que je déplore que la vie, en l'occurrence, se résume à la création d'un petit humain. Je prendrais plus au sérieux cet évènement s'il n'était pas qu'une manifestation déguisée contre l'avortement. J'aimerais tant voir les mêmes marcher aussi pour la vie des enfants soldats, la vie des peuples du sud, la vie des condamnés à mort un peu partout sur la planète, la vie des femmes lapidées, la vie de ceux que l'on transforme en bombes humaines, la vie de leurs victimes, et bien sûr la vie sous toutes ses formes, humaines bien sûr, mais aussi animale, végétale, et minérale.
Nous avons reçu le don de la conscience, et ceci ne donne nous pas une supériorité, mais une lourde responsabilité. N'y-a-t-il pas une forme grave d'inconscience à ne pas voir l'interdépendance de toutes vies? Je suis attristée de voir combien nous sommes englués dans la dualité...
Et puis...penser à toutes ces femmes pour qui l'avortement n'est pas un confort, mais une question de survie, pas seulement physique, mais psychique; ces femmes violées, ces jeunes filles à peine pubères, ces femmes que les maternités nombreuses et successives ont épuisé. Et puis...respecter celles pour qui donner la vie est un choix. Nos religions judéo-chrétiennes ont assigné la femme à deux rôles: vierge ou mère, et en dehors de ces deux figures, elle n'existe pas ou se retrouve l'objet des jugements les plus vils. Défendre l'avortement n'est pas une question de morale, mais d'humanité. Je ne souhaite à personne de traverser l'épreuve qu'est cet acte dans une vie, la blessure qu'il inflige. J'aimerais moi aussi que l'avortement n'ait plus de raison d'être...et parfois je me sens être cet enfant qui ne verra pas le jour, et parfois je me sens cette femme qui n'a d'autre recours que de lui demander de partir. Enfin, je connais de près le désastre de l'abandon, du déracinement, de l'adoption, même réussie, même heureuse. Qui peut savoir? Qui peut juger?





Rédigé par : Sophie | 20/01/2012 à 19:38
Rédigé par : Isabelle à Être humain de la planète terre | 20/01/2012 à 17:43
Rédigé par : Etre Humain de la Planete Terre | 20/01/2012 à 16:01