Exercer une discipline, c'est d'avoir être disciple de, et donc observer et suivre des règles ou des enseignements. Discipliner signifie donc rendre disciple de. Et peut s'appliquer tant à soi-même qu'à l'autre. Dans une note récente, j'ai parlé de discipliner l'esprit, et je prenais ce jour-là (c'est tout le problème de la sémantique et de ce que nous mettons sous chaque vocable) le terme esprit dans son sens de mental. L'Esprit, avec un grand E, n'est probablement pas disciplinable, c'est une instance en nous, libre, autonome, indomptable, insaisissable. Mais l'esprit, avec un petit e, me semble comme un muscle que nous avons la capacité d'entraîner, d'exercer, comme nous le ferions d'un muscle.
Notre ego a de multiples facettes. Rusé, protecteur, tentateur, envahissant, structurant, etc. La plupart du temps il tient les rênes de nos vies. Mais ce n'est pas inéluctable. Le travail sur soi, la méditation, la discipline, l'entraînement, peuvent conduire ce que l'on appelle le moi supérieur à prendre le pas sur le petit moi encombré de disfonctionnements. L'ancrage dans le moi supérieur demande de développer notre attention, et c'est une application de chaque instant que nous tenons rarement. Discipliner son esprit, dans ce sens, revient à devenir disciple de l'Esprit, de ce qu'il insuffle en nous.
Il n'y a encore pas très longtemps, ce terme de discipline m'insupportait; encore réactionnelle, une grande part de moi se rebiffait devant le pouvoir de l'autre, ce qui m'était imposé de l'extérieur. Puis j'ai compris que la discipline, plutôt qu'une contrainte, pouvait être un choix. Contraignant certes, mais libre. Sublime paradoxe.





Rédigé par : Etre Humain de la Planete Terre | 11/01/2012 à 15:39
Rédigé par : Pascal | 11/01/2012 à 10:56