La difficulté de vieillir vient-elle uniquement de notre peur de la mort? Je sens bien, me concernant, que je suis aussi travaillée par la diminution de mes capacités, par celle aussi de mes projets d'avenir. C'est idiot, à 56 ans, j'ai la vie, ma vie devant moi, même si derrière moi le ruban est déjà bien déroulé.
L'usure corporelle nous rappelle, certes, notre fin. La peur est là, sans doute, même niée ou refoulée, mais l'envie est entière: l'éventail de possibilités que la vie nous offre est si riche qu'il existe toujours pour moi une envie. Bien sûr, se contenter d'être ici, maintenant, avec ce que nous sommes et ce que nous avons. Nous n'en restons pas moins humain, avec des egos gonflés d'envies, de désirs, et évidemment leur pendant, les frustrations.
Hier, mon genou s'est bloqué lors d'une ballade, et tout à coup m'a rappelé que j'étais peut-être à l'âge de l'arthrose...la vieillerie s'installe, avec les problèmes de rouille et de délabrement de la structure osseuse, reflet, peut-être, d'autres plans pas suffisamment structurés, ou entretenus...
Notre cerveau est drôlement fabriqué, et parfois tellement en retard sur la réalité: avez-vous remarqué combien dans notre tête nous nous sentons éternellement jeunes? C'est sans doute pour nous rappeler aussi notre éternité tandis que notre corps nous rappelle sa temporalité.





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