De l'Ennéagramme au MBTI, en passant par toutes les disciplines de développement personnel, il nous est proposé d'évoluer, de grandir, de retrouver notre essence. Mais qu'entend-on généralement par là?
Mon expérience me conduit à penser que, si toutes les techniques nous conduisent à prendre conscience de nos fonctionnements et à les faire évoluer, elles restent toutes attachées à notre personnalité de survie. Richard Moss en parle dans les termes suivants: "La personnalité de survie est celle que nous présentons au monde, et surtout à nous-mêmes." Elle est l'ensemble des stratégies que nous avons mis en place dès les premiers jours de notre vie pour nous adapter à notre environnement et faire face au sentiment sous-jacent d'être "insuffisant". Toutes les démarches visent à nous permettre de dépasser la souffrance intrinsèque d'être en quelque sorte coupé de notre puissance intérieure, notre divinité, tant au niveau individuel que collectif.
Toutes visent à nous mener à notre Être véritable. Et il y a là, me semble-t-il, un hiatus, une incongruité, une contradiction, une incohérence même. Car le "Je" que nous sommes vraiment est au-delà et en-deça de notre personnalité. Il est Cela qui ne peut-être étiqueté, verbalisé, conceptualisé. Il est immuable, au contraire de notre ego.
Bien sûr, l'introspection et le travail sur soi sont utiles pour nous permettre d'accéder au meilleur de nous-mêmes, qui reste toujours, dans ce cadre, du domaine de l'ego. Le travail analytique, la psychothérapie, les thérapies en général, s'intéressent à qui nous ne sommes pas, qu'ils s'attachent au corps ou au mental. Ils sont à mon sens d'autant plus efficaces que l'on prend conscience de leur caractère illusoire pour retrouver notre Essence. En tant qu'humains, nous ne pouvons échapper à notre structure égotique. Nous pouvons lever un par un les voiles qui cachent notre identité véritable et lui font de l'ombre. Mais au stade ultime, l'Eveil à Soi n'a rien à voir avec la persona.
La vertu principal de toutes les démarches est probablement de nous permettre de prendre conscience de qui nous ne sommes pas. Quant à savoir qui nous sommes vraiment et l'atteindre, c'est une autre histoire... qui commence sans doute par un peu plus d'amour de soi, permis par la démarche thérapeutique. Et cet amour-là n'est-il pas la voie vers l'Amour? La boucle est bouclée.
Tout cela est difficile à mettre en mots, car Cela relève de l'expérience et pas du concept. Si le travail sur soi est un corollaire de l'accès à Soi, il n'en est pas la clé. Il met de l'huile sur les rouages, assouplit et renforce le muscle de l'esprit, mais n'ouvre pas la porte.





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