Lorsque vous êtes en colère, ou triste, ou honteux, vous pouvez voir votre colère, votre tristesse, votre honte, n'est-ce pas? Il arrive que l'émotion soit si forte que l'on ne voit plus rien, qu'on soit submergé, qu'on se laisse aveugler, qu'on soit totalement identifié. Mais la plupart du temps, une partie de nous peut voir ce qui se passe. Cette partie-là, qui est consciente, n'est ni triste, ni en colère, ni honteuse. Elle est la preuve que nous ne sommes pas nos émotions.
Lorsqu'une émotion vient vous taquiner, voire vous envahir, donnez-vous quelques secondes pour la regarder, prenez du champ, voyez que vous n'êtes pas elle. Ressentez l'espace entre elle et l'observateur en vous. Et puis, au-delà, ne ressentez-vous pas une part de vous-mêmes qui sait que vous êtes en train d'observer?
C'est comme se regarder dans un miroir qui fait face à un autre: on peut se voir à l'infini. A l'infini...c'est sans fin. Alors qui sommes-nous? Qui suis-je? Et si nous admettions que nous ne savons pas vraiment? Nous pouvons seulement percevoir qu'en amont de nos émotions, de nos pensées, il réside autre chose, de l'ordre de l'indéfinissable.
Lorsque je peux regarder quelques instants mon émotion, je vois que je n'en suis pas prisonnier, la paix revient.





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