On compare souvent Jean Becker à Sautet, sans doute parce que l'un et l'autre, sous d'apparentes facilités, se glissent dans le coeur humain pour nous montrer que nos émotions sont partagées ou à l'inverse que celles des personnages sont aussi les nôtres. Ce "Deux jours à tuer", remarquablement interprété par Albert Dupontel et Marie-Josée Croze, est un exemple de ce que l'on peut vivre au travers des sentiments des autres, jusqu'au malaise parfois: la façon dont le héros, Antoine, envoie tout le monde bouler, et surtout ceux qu'il aime, peut déranger jusqu'à la nausée. J'ai regretté un peu la deuxième partie du film qui, bien qu'elle nous permette de retrouver un Pierre Vaneck parfait en vieil homme solitaire et bourru dans des paysages d'Irlande somptueux, vire un peu trop au mélo et fait ainsi perdre de sa puissance à une histoire au demeurant bouleversante. J'ai un peu ri et pleuré, comme Sautet aurait si bien su me le suggérer. Et l'histoire conduit à nombre de réflexions...existentielles, si l'en est. Mais chtttt....faut pas tout raconter!





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