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projections?

Il y a quelques semaines, je songeais à cesser d'écrire sur ce blog. Je ne l'ai pas fait car j'ai très vite réalisé que ça ne règlerait pas la question qui m'agite.

Il m'est apparu de façon très claire que, bien que je sois profondément sincère dans mes écrits, la sincérité ne pouvait être érigée en vérité. Je m'explique: Non seulement je suis sincère, mais je me crois aussi authentique qu'il est possible de l'être. Et le problème se situe là, dans ce "autant qu'il est possible de l'être".

J'écris pour partager mes expériences, et surtout les enseignements que j'en retire. En tant que thérapeute, j'ai le secret espoir que ce que je raconte sera utile à quelques uns; et si ce n'était qu'à une seule personne, j'aurais atteint mon but.

Et en même temps, je dois à l'honnêteté de reconnaître la difficulté d'être au plus près de ma réalité. Oui, chaque circonstance, chaque évènement de ma vie, agréable ou désagréable, est pour moi l'opportunité d'apprentissages. Mais...si effectivement ma tête ingurgite avec une certaine facilité ce que la vie me propose d'apprendre, en est-il autant de l'intégration dans mes cellules et donc dans la réalité de ma vie?

Le piège se trouve là: projeter dans les lignes une image faussée de soi.  Idéal du moi, moi idéal...Que sont-ils? Comme le dit l'expression, le second est une projection d'une toute-puissance narcissique. L'idéal du moi,lui, est une conception de l'idéal qui s'est construite en référence aux parents pendant le développement de l'enfant; il tend vers la perfection.
Bref...ils sont inévitables pour tout un chacun et je ne vais pas m'auto-fustiger d'en être là. En même temps, la lucidité commande d'être conscient de ce qui se joue ici.

En d'autres termes, quelles sont les limites de la congruence dans un tel exercice? Congruence? Dire ce que je fais et faire ce que je dis. Là encore, je m'applique à être au plus près de la réalité mais ai conscience de ma fragilité humaine en la matière.

J'ai entendu un jour en séminaire quelqu'un  dire: "Je sais ce que j'ai à faire, alors pourquoi est-ce que je ne le fais pas?"  C'est dans ce pourquoi que se situe le gouffre entre ce que nous savons et ce que nous vivons vraiment. C'est le chemin de l'intégration.

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Voici les sites qui parlent de projections?:

Commentaires

Je pense que l'expression est toujours un peu biaisée sur un blog, parce qu'on y écrit en pensant à un certain lectorat (un lectorat universel). Et donc, dire la vérité a ses limites (crainte du ridicule, peur de blesser, etc.) http://crisedanslesmedias.hautetfort.com/archive/2007/11/17/dire-la-verite.html
" Et si ce n'était qu'à une seule personne, j'aurais atteint mon but" Et si cette personne s'appelait Isabelle ?
Merci, Marielle, de ce rappel à J.Y. Leloup. J'ai adoré chacun de ses livres.... :-)
Mais nous sommes bien d'accord, je croyais avoir été claire à propos de la différence entre congruence et intégration...bon, comme d'hab, je m'incline!;-) :-)
Plusieurs choses m'interrogent dans ton post:Tout d'abord "Faire ce que je dis et dire ce que je fais" me semble pouvoir suffire à definir la congruance comportementale mais pas pour autant l'Integration.Il me semble que l'etat d'integration releve en plus d'une connection à l'etre et que savoir à cet endroit deviens connaitre,voir,etre agit.Et puis sur les projections, elle me parraissent en effet etre l'affaire de ceux qui te lisent.Tu ecris d'abord pour toi,tu temoignes et livres de toi,de tes interrogations de ta substance de vie avec toute cette sincerité humaine si précieuse à ceux qui te lisent et merci pour ça, mais tu ne peux etre maitre de ce que chacun en fait et chacun en fait selon ses propres projections.C'est donner sans soucis du resultat et je pense que ca te parle...Et c'est infiniment beau ainsi dans toute cette humanité Ombre et Lumière!...Simplement.
"L'erreur, c'est l'oubli de la vérité contraire" Pascal. Voici qq lignes lignes du chapitre que je suis en train de lire dans 'Aimer... malgré tout' de JY Leloup... (Synchronicités ?)"L'être est ce qu'il est, il s'écoule. Et à observer quelqu'un qui s'écoule c'est alors notre regard qui devient flou. C'est le fait de ne pouvoir s'arrêter, de ne pas pouvoir s'arrêter sur une image qui crée une sorte de malaise , de mal être. Comme si notre regard, tel un appareil photographique était fait pour figer des images et se les garder. Or là, il ne peut rien garder et cela crée une espèce de flou. Il y a un moment où l'on ne sait plus. On ne sait plus ce qui est vrai, ce qui est bon, ce qui est juste. On ne sait même pas ce qui est réel, puisque ce qui est réel va nous échapper, va mourir... C'est pourquoi notre regard est flou... se sent floué.Il s'agit bien de penser l'être comme sans cesse en devenir" Je pense que tu seras de mon avis quand j'écris que l'un n'empêche pas l'autre. "Le mot vérité appelle le mot erreur ou mensonge. Il n'y a pas de jour sans nuit". Je comprends bien ton soucis d'honneteté et de congruence. En tant que thérapeute, les clients ont souvent une image très idéalisée de moi !... Ceci est leur projection. Ce qui n'empêche que je me pose les mêmes questions que toi, que je me sente parfois comme un imposteur... Je suis ange et démon... je suis paradoxe et simplicité... Je suis un être humain !

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