à quand l'interdiction de boire?
Je ne fume plus depuis 9 mois. Ce n'est pas la première fois: j'ai déjà arrêté 11 ans et ai replongé en 2001. Depuis 2002, je me suis arrêtée tous les ans, entre deux et sept mois. Cette fois, j'ai donc dépassé mon record de ces dernières années.
Je reprends à chaque fois sans réelle culpabilité: je sais que chaque fois je me rapproche du succès définitif. Comme l'enfant qui apprend à marcher, je trébuche et ce n'est que pour mieux réussir. J'ai vraiment envie de m'arrêter définitivement.Je n'aime, lorsque je fume, ni mon haleine, ni ma voix qui baisse d'un ton et s'éraille, ni mon souffle qui s'étiole. Je ne parle même pas de la dépendance: je suis dotée d'une personnalité addictive, et d'ailleurs atteins mon but grâce au déplacement de l'addiction: je mâchonne des chewing-gums à la nicotine à longueur de journée.
Bref, les fumeurs ont toute ma sympathie. Et la nouvelle loi, beaucoup moins! Oui, un civisme élémentaire, c'est-à-dire le moindre respect de l'autre, voudrait que l'on prête attention au voisin empoisonné sans rien avoir demandé. Cette interdiction massive est une profonde atteinte à la liberté. Après tout, quelques bons restaurants avaient décidé depuis longtemps de bannir le tabac de leur paradis gustatif. Il était du choix de chacun de s'y rendre, ou pas.
L'état se mêle de tout! et ce n'est pas une bonne chose. On ne règle rien par la seule interdiction et des moyens dérisoires pour aider les malades que nous sommes, encombrés d'une camisole psychologique qui nous pousse au geste compulsif.
La prohibition, l'histoire nous l'enseigne, n'a engendré que corruption, marché noir, et crimes. Oui, je sais bien, ce n'est pas la vente du tabac qui est interdite. Mais un pas a été franchi, qui exacerbe les tensions entre fumeurs et non-fumeurs, ceux-ci se posant en moralisateurs pendant que ceux-là se trouvent ostracisés et réduits au verdict de criminels. D'ailleurs, l'état, qui se mêle de plus en plus de notre vie privée, n'y songe pas: les bénéfices engendrés par la vente du tabac demeurent prioritaires.
Dans les petits villages, le café est le lieu de rencontre, celui où circulent les brèves de comptoirs et où l'on se retrouve pour vivre ensemble la finale de la coupe du monde ou les élections. Entre un petit café, une bière, un petit ballon de roug et une clope, on refait les équipes, on écharpe un candidat, on renvoie un arbitre. On tape la carton, on rit, on s'engueule, et c'est bien ainsi. Ces petits bars agonisent. C'est la France profonde qui souffre.
A quand l'interdiction de boire dans les lieux publics?







Rédigé par: Isabelle à Stéphanie | le 22/01/2008 à 18:12
Rédigé par: Stephanie | le 22/01/2008 à 17:36
Rédigé par: Isabelle à Titophe | le 22/01/2008 à 14:18
Rédigé par: Titophe | le 22/01/2008 à 10:59
Rédigé par: an691 | le 22/01/2008 à 10:29
Rédigé par: Randall | le 22/01/2008 à 10:02