Va, vis et deviens
Depuis plusieurs jours, j'hésite à m'exprimer au sujet de l'affaire "l'Arche de Zoé". Nous ne savons sur cette histoire que ce qu'on veut bien nous dire.
Que ces gens aient mal préparé leur voyage, je n'en ai pas de doute. Qu'ils aient péché par naïveté, j'en suis convaincue.
Aujourd'hui, j'entends à la radio la réaction de Tchadiens en colère, victimes de ce qu'on veut bien leur raconter. Lorsque je suis allée chercher mes enfants en Colombie, je me rappelle la réaction de certains Colombiens, furieux que l'on vienne "prendre" leurs enfants. Et je peux comprendre cela: dans des pays aux conditions de vie si difficile, l'aveu de la misère est une souffrance abyssale. En même temps, je me souviens, lorsque je vivais au Cameroun, d'un incident qui aurait pu terminer très mal: alors que nous traversions un village à faible allure, un enfant à déboulé à toute vitesse sur la route et il a été impossible à mon mari de l'éviter. On nous avait prévenu: si un jour nous avion un accident, surtout ne pas osrtir de la voiture, et filer à la police. En moins de deux minutes, notre voiture étaient encerclée d'une foule déchaînée. Tant bien que mal nous avons réussi à nous sortir de là et rejoindre le commissariat. nous sommes retournés sur place avec la police, nous sommes enquis de l'état de l'enfant, qui heureuement n'avait finalement rien. Ce que je veux dire, c'est que faire parler des gens dans la rue ne signifie rien: ils ne connaissent pas la réalité des choses et sont prompts à la colère, eux que la misère et des gouvernements autoritaires baillonnent.
Je n'ai évidemment pas "acheté"mes enfants mais nous avons toujours fait un don aux orphelinats afin de leur permettre de continuer leur oeuvre.
Pour m'être occupée d'adoptions et de parrainages au Viet Nam, je connais l'extrême prudence nécessaire. J'ai été sur écoute téléphonique, suivie, surveillée. Ma conduite et celle de l'association pour laquelle je travaillais devait être irréprochable. Je ne maniais pas d'argent, conseillais seulement aux parents adoptifs de faire un don, au demeurant modeste, aux orphelinats pour les aider à survivre. Je me souviens qu'à l'époque les religieuses souhaitaient que les parents remettent une somme à la mère biologique pour qu'elle puisse acheter une machine un coudre, un vélo, bref un outil de travail. J'ai toujours refusé pour deux raisons: ces sommes, dans beaucoup de cas, n'auraient pas été utilisées à ce à quoi elles étaient destinées et ces femmes se seraient finalement retrouvées dans la situation de départ; je ne voulais pas que les parents courent le risque de monnayer leurs enfants. Je conseillais plutôt aux soeurs, si elles souhaitaient aider ces jeunes femmes, de ponctionner sur le don qu'il leur était fait pour leur mettre le pied à l'étrier.
Les enfants recueillis n'étaient pas orphelins, pas plus que les miens. Ils ont des mères biologiques, qui ont fait le choix, compte tenu de leurs conditions de vie, de leur donner une chance. Au Viet Nam, j'ai rencontré des parents qui se séparaient de leurs enfants comme ils les envoyaient, il y a des années, sur de frêles esquifs affronter l'océan pour survivre. Ces parents n'abandonnaient pas leurs enfants, ils voulaient les voir vivre. "Va, vis et deviens..."
Aujourd'hui, le gouvernement français désavouent l'organisation et les parents. Je me demande si leur position n'est pas la seule envisageable, connaissant les gouvernement locaux, pour sortir les reponsables de l'association et les parents du guépier dans lequel ils sont tombés. L'épreuve de force ne mènerait nulle part et la diplomatie commande sans doute d'aller dans le sens des autorités locales.
Quant à nous, gardons-nous de tout jugement; Des trafics d'enfants, il y en a, certes. Mais gardons notre libre-arbitre, essayons de comprendre, ne tombons pas dans tous les panneaux!







Rédigé par: Zench | le 08/11/2007 à 15:55
Rédigé par: Titophe | le 02/11/2007 à 10:31
Rédigé par: Titophe | le 02/11/2007 à 09:05
Rédigé par: Bettina SOULEZ | le 02/11/2007 à 07:22