« conduites à risque | Accueil | mémoires à venir »

de la crainte de l'action

"Attendre d'en savoir assez pour agir en toute lumière, c'est se condamner à l'inaction." (Jean Rostand)

Je connais nombre de professionnels, en particulier dans les métiers de l'accompagnement, qui n'osent pas se lancer et se réfugient derrière l'accumulation de formations pour ne pas plonger dans l'action.

Nous vivons une époque où la formation et l'apprentissage constants sont fortement valorisés. Cependant, continuer d'élargir notre savoir revient pour certains à paralyser le développement de leur activité, et exprime la difficulté à partager leurs connaissances et une peur intrinsèque de soi-même.

Il est temps ici de rappeler les mots de Marianne Williamson: "Notre peur la plus profonde n'est pas d'être inapte. Notre peur la plus profonde est d'avoir un pouvoir incommensurable." (pour le texte intégral, cf la video du 20/10 et la traduction, post du 3/06/05, archives).

Qu'est-ce qui est si terrorisant?

La réussite?
Le regard de l'autre?
Le regard sur soi?

Les trois à la fois, bien souvent.

La crainte du résultat est ce qui inhibe l'action. En nous plongeant dans un futur hypothétique, elle crée une multitude de scénarios qui nous empêchent de vivre le moment présent, de donner le meilleur de nous-mêmes maintenant.

Accumuler des connaissances est certes intéressant. En même temps, la plus riche initiation n'est-elle pas la vie elle-même? Dans le partage de nos savoirs et de nos expériences, nous nous offrons la possiblité de donner et recevoir. Oui, oui...recevoir, car chacun de nos clients nous apporte sa propre expérience et reflète une part de nous-mêmes. Chacun de client est un miroir.

Pour ma part, j'ai fait le choix il y a longtemps d'entrer rapidement dans l'action de mon métier. Consciente de mon imperfection, j'ai pu, grâce à la relation avec mes clients, me poser parfois les bonnes questions et développer mes compétences. Tout en continuant à me former.

Est-il nécessaire d'être parfait pour accompagner? Illusion de toute puissance...la perfection n'est pas humaine. En revanche, la vie, elle, est parfaite et nous offre, dans le cadre de nos métiers, de multiples opportunités d'avancer, tant pour nous-mêmes que pour ceux qui viennent à nous. Il est par conséquent illusoire d'attendre d'être "parfait" pour entrer dans l'action. C'est justement de notre imperfection humaine que naît la qualité de la relation.



TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/t/trackback/400581/22776286

Voici les sites qui parlent de de la crainte de l'action:

Commentaires

Bonjour, dans les mois à venir, je vais créer mon activité de consultante en gérontologie et animation sociale. Je souhaite élargir mon activité au coaching. J'ai tendance à me dire que je dois faire de nombreuses formations pour me lancer (formation de coach, oui mais quelle école, grammaire émotionnelle avec Isabelle Filliozat, systémique à l'IGB, formation à l'hypnose, et j'en passe.) Je suis convaincue par l'approche intégrative en coaching comme en thérapie. Mais je crois aussi comme vous le dites que c'est un excellent moyen de ne pas se lancer ! Et puis je suis dans une quête d'apprendre, j'aime apprendre,je suis frustrée de n'avoir pas fait d'étude, d'être autodidacte même si parallèlement je l'assume et le "revendique", ce n'est pas tout à fait le terme adéquate... En même temps, j'ai peur de faire mal, de faire des erreurs, d'aggraver une situation au lieu d'accompagner la personne vers un mieux et j'ai donc le sentiment que la ou les formations me donneront des outils indispensables sur lesquels m'appuyer. Bref, merci pour votre blog, il est d'une grande richesse.
Oui, Marielle, et accueillir, admirer le chemin déjà parcouru plutôt que de se laisser paralyser par celui à parcourir... :-) isabelle
MERCI ! Ton article tombe à pic pour moi !!! Un véritable clin d'oeil de l'Univers... Mais qui suis-je, moi, pour avoir la prétention de pouvoir accompagner, former ou coacher quelqu'un ? Ah le fameux complexe de l'imposteur... Peut-être ai-je juste fait un pas de plus !... souvent le client m'apprend bien davantage sur moi-même que l'inverse. "On enseigne le mieux ce qu'on a le plus besoin d'apprendre". Eh oui, l'imperfection a le dos large : c'est mon excuse préférée pour ne pas oser !...Confiance en soi... Depuis qq jours mon énergie se perd et s'auto-consumme à stagner, à douter. Je m'épuise à vouloir rester sur place alors que la Vie m'invite à me laisser porter et aller dans le sens du courant. Oui me mettre dans l'action, une fois de plus, et couper la voix de mon mental sabordeur !...
Ton post, j'adore... j'adhère. Je crois que c'est effectivement parce qu'il y a imperfection qu'il y a de la matière et une possible relation. Je crois aussi qu'il s'agit d'être vraiment conscient de notre imperfection dans notre métier. Et si nous étions parfait...quelle "tristesse" ... plus rien à perfectionner, plus rien à travailler, plus rien à découvrir !!!!
Oui,si l'on devait attendre d'etre un parent parfait pour avoir des enfants....Nous ne serions pas là pour en parler.Et l'initiatrice est la vie,bien sur, et pas le savoir.J'aime beaucoup ton post!
La crainte de l'action est souvent notre inaptitude à gérer les risques. Cf toutes les formations de risk mgt qui sont un réel tremplin pour passer de la peur immobilisante à l'action maitrisée.

Poster un commentaire

Si vous avez un compte TypeKey ou TypePad, merci de vous identifier