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conduites à risque

Hier soir, France 2 proposait un téléfilm relatant l'histoire de 5 élèves du Lycée Buffon dans les années 40.

Ils descendent des Allemands, pillent la boutique d'un B.O.F pour distribuer les vivres à la population, résistent...et finalement se font arrêter, torturer, exécuter.

Ils ont 17 ans, l'âge de Guy Môquet. Ce film illustre parfaitement le propos de ma note de lundi. Leur ardeur, que je qualifiais de sacrificielle, l'exaltation héroïque propre à leur âge, en ont fait des martyrs. Je n'enlève rien à leur courage, ils en ont eu. Beaucoup.

Et en même temps...L'adolescence est l'âge de tous les dangers. Dans La fureur de vivre, James Dean joue sa vie au volant d'une voiture et perd un ami. C'est à travers les conduites à risque, le besoin de sensation que certains d'entre eux se sentent en vie et occultent leur mal être identitaire. La peur face à un danger précis est moins étouffante que l'angoisse diffuse et indicible d'un jeune qui ne sait pas bien qui il est ni où il va.

Ceux du film, Guy Môquet, et d'autres,  sont des héros en puissance. A moins que ce ne soit le contraire, comme ce jeune épinglé par le film de Louis Malle, Lacombe Lucien. Exister à tout prix, au risque que ce soit aux dépens des autres. Vu à l'aune de l'histoire, celui-là est un traitre mais il aurait tout aussi bien pu devenir un héros. Existere = sortir de, se manifester, se montrer. Sortir de la gangue de l'enfance, manifester son autonomie, se montrer homme ou femme.

Encore une fois, est-il bien intelligent d'exalter ces conduites à risque? Si notre société est effectivement malade de ses peurs, c'est à nous, adultes, qu'elle le doit. Car nous ne prenons pas le risque de vivre et nous enfermons dans une léthargie d'habitudes, de droits acquis, de connaissances figées. En défiant la mort, ces jeunes cherchent la vie. Il est de notre responsabilité de leur montrer que Vivre est autre chose qu'une partie de poker avec la mort. Vivre est le risque. Oser vivre. Vivre à 100%.

Ce film le montrait bien, comme en témoignait Le cercle des poètes disparus: un professeur aimé et créatif, ou, comme dans ce cas précis, résistant,  entraîne plus que tous les discours. Et nous sommes  tous des enseignants.






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Voici les sites qui parlent de conduites à risque:

Commentaires

... Ne pas abandonner : Appel des Résistants aux jeunes générations ! ... http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1365
Intéressant aussi, dans le contexte que vous évoquez, Marc,et compte tenu de l'actualité, que le père de Guy Môquet était...cheminot! :-)
Isabelle, remettriez-vous en cause les choix éducatifs de notre bon Président? Vous m'étonnez! Sans rire, ce qui me déplaît dans cette histoire de Guy Mocquet, ce n'est pas le contenu (la lettre, evidemment bouleversante) mais le "processus" qui amène à cette grand messe scolaire. C'est le fait du prince, ni plus ni moins. Pratique archaïque, qui marque profondément notre système de pouvoir, et perpétue une forme de paternalisme irresponsabilisant (et qui permet également à différents corps sociaux de se "rebeller" à bon compte, c'est très ambivalent...)
merci, Maxence! :-)
Titophe,l'intention est une chose, l'impact réel une autre... cela étant dit, si je partage pas l'idée du patriotisme, car je me ressens vraiment citoyenne du monde, je pense que ce texte est universel, et s'adresse aux jeunes de toutes origines. Le problème, à mon sens, c'est que du courage, il en est beaucoup qui n'en manque pas et c'et le sujet de ma note. Mais je crois dangereux d'exalter ces conduites à risque. :-)
Bien que je souscrive totalement à cette analyse, ne serait-ce que pour avoir moi aussi été dans la peau d'un père d'adolescent, je persiste à croire que la lecture de cette lettre n'est pas destinée à donner du "courage" à nos ados, mais plutot à développer chez eux un "sentiment national", un patriotisme, qui me parait malsain car seulement ciblé sur une certaine jeunesse, laissant sur le carreau les autres dont l'ascendence est étrangère. La population des années 40 est tellement différente de celle d'aujourd'hui qu'il est difficile de vouloir y placer des repères, qui sont autant de boomerangs.
Hum! ton commentaire du jour est une bonne piqure de rappel! Vivre avec ses peurs, les domestiquer, ou avoir peur de Vivre...comme les sportifs ont peur de gagner.

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