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de voyage en voyage...

Je pratique presque au quotidien l'art du voyage/rêve chamanique. C'est une discipline au même titre que la méditation, la prière, ou tout autre rituel qui nous connecte avec plus vaste que nous.

La clé des rencontres que j'y fais est de ne pas les interpréter. Des messages me sont donnés auxquels il est tentant de donner une explication. Mon mental bien huilé est ici un obstacle de taille, à tel point qu'il m'arrive de me demander si les images et les paroles que je perçois sont le seuls fruits de mon imagination, projections de mes peurs et mes désirs, ou s'ils viennent de plus profond. Certaines s'imposent de façon si claire, et parfois si incongrues, que la question ne se pose même pas. Ne pas interpréter, laisser la vie répondre à nos questions, sortir des élucubrations pour entrer dans la seule observation de ce qui se passe.

Il y a quelques temps, j'ai recontré Osiris! Dieu sait pourquoi je me retrouvais dans une pyramide, accueillie par le dieu chacal, Anubis. La mythologie égyptienne ne m'a jamais particulièrement passionnée, hors ses grandes lignes aux racines du monde judéo-chrétien. Osiris me dit: " pour l'instant, reste un peu dans le monde du milieu". Le monde du milieu est celui de notre réalité quotidienne. Je ne comprends pas son message. Une incursion dans mes livres me rappelle néanmoins qu'Anubis est celui qui, après la mort, ouvre les yeux et la bouche...serais-je en train de franchior un cap? suivant les recommandations, je choisis d'accueillir le message et finis d'ailleurs par l'oublier. Jusqu'au dernier week-end d'initiation: un travail sur les émotions et la fabrication de mon attrape-rêves me rappellent soudain les paroles d'Osiris et je prends conscience que c'est justement dans ce monde du milieu que j'ai été confrontée à mes limites egotiques. Parbleu! mais c'est géant!

Un autre jour, un aigle qui m'avait emmené dans son nid au sommet d'un pic me demande de sauter. Tétanisée par la peur du vide, je reste debout sur le bord, quand il m'invite à avoir confiance, qu'il me rattrapera. Je me sens sauter, happée par le vide, puis soudainement attrapée par les serres de l'oiseau, qui me dépose au sol. Là, je lui dis que là-haut c'était normal d'avoir peur parce que je ne voyais rien sous la couche de nuages et il m'a répondu: "c'est toi qui a du brouillard dans les yeux." Impressionnant, non?

Un ours est presque toujours là, mon ours, une sorte de gros Baloo protecteur, gai, enjoué. Il est mon compagnon de voyages préféré, qui me connecte à la joie que j'oublie parfois, au rire, à la vie, la danse de la vie.

C'est comme si je me réveillais d'un long sommeil...







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Commentaires

Merci Jean-Marc. Cette initiation est effectivement fascinante. Déroutante aussi tant sont sensés les messages que je reçois. Mais je ne suis qu'une toute jeune apprentie... :-) isabelle
Isabelle, La relation de vos expériences chamaniques est tout bonnement fascinante. Je me plais à vous lire et ai du mal à imaginer que cela puisse être. Même si, il y a fort longtemps, je me suis rêvé mort après avoir été hypnotisé. Je me souviens que j'étais veillé par... des gens à têtes d'ours & d'aigles. Une drôle de sensation ma foi. Au plaisir de vous lire. Bien à vous - Jean-Marc

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