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ça déménage - J-7

Point_dinterrogation C'est bien beau de trier, jeter, classer et mettre en carton... mais à l'intérieur, dans la tête, on ne jette rien! Déjà trier, ça prend presque une vie, classer j'en parle même pas! quant à jeter, y'a rien à jeter, tout peut servir!

Au-delà des boutades et de l'énergie physique que prend un déménagement, l'énergie psychique suscitée est énorme. Dans les statistiques du stress, le déménagement vient en 3ème position après le deuil et le divorce. En fait, il ne s'agit toujours que de deuils de différentes nature.

Par nature, je décide et réfléchis après (enfin...souvent!). Et au moment de tout emballer, ce n'est pas la panique, mais pas loin! Et si...et si... En fait, je sais que, quoi qu'il arrive, ce déménagement est une bonne décision et que ce changement de vie sera de toutes façons porteur de multiples expériences et apprentissages enrichissants. N'empêche...Je ne suis pas la reine de l'ordre et de l'organisation et tout ce qui se rapporte au rangement m'ennuie. J'ai bien conscience que cette paresse est à l'image de ce que je n'ai pas envie de ranger dans ma tête...

Et puis, y'a pas à dire, mais c'est la première fois que je décide de changer mon cadre de vie seule et que je le fais comme une grande. Pour les muscles, le démontage des tringles, des étagères et cie, Mr Musclor manque bien un peu. Pour le reste, sans épaule pour partager la charge, je n'ai pas de fuite possible: c'est l'occasion ou jamais de faire le ménage dans les petites cases de mes mémoires.

J'aurais bien une petite tendance parfois à: regardez, je fais ça toute seule, admirez-moi, plaignez-moi, etc...on est vite rattrapé par le besoin de reconnaissance à l'extérieur de soi! Et ça ne fait pas avancer le schmilblick!

Cela n'a l'air de rien, mais ce serait différent si je changeais seulement de quartier. Or, cette fois, je pars à 800 kms: c'est un challenge. Si je parcours la même distance à l'intérieur (tout proportions gardées), alors, tout ira bien. Il ne faut pas rêver, ce n'est pas parce qu'on change d'environnement qu'on se change soi-même. A moins d'ouvrir vraiment toutes les écoutilles pour percevoir les questions et réponses de la vie. C'est ça le vrai challenge.

On ne change pas de vie, on ne la refait pas. C'est un continuum qui déménage...

le compte à rebours

Avant:

Papiers

Après:

Papiers_jets

Dmnagement_2

Dans une semaine:

Dmnagement

Dmnagement_viet

Et enfin...

Ahetze

J- 8: je pensais avoir peu de choses à trier; en fait, incorrigible conservatrice, les papiers, revues, catalogues divers et variés, notes de cours, articles de presses, compte rendus et books de séminaires, lettres et mots doux, notices actuelles ou périmées, manuscrits et brouillons, cahiers en tous genres, photos bonnes et mauvaises, revues lues, relues, et parfois jamais ou mal lues, et j'en passe, inondent mes tiroirs et ma mémoire. Je trie, jette un peu, beaucoup, fait place nette, garde encore trop...

En arrivant à Paris, il y 5 ans, je savais que cet appartement serait une étape, un sas, un barreau d'échelle. De ma vie d'avant, je n'ai presque rien gardé, mais en 5 ans, que d'heures passées, que d'images, de musiques, d'apprentissages et de lectures.

Hier je réalisais que depuis 1987, je ne suis jamais restée plus de 5 ans au même endroit. Puteaux, Douala, Suresnes, Saigon, Hong Kong, Boulogne. Alors, je tente de remonter le temps; car si j'ai pris l'habitude depuis bientôt 20 ans d'avoir des fourmis dans les pieds après quelques temps, ces 5 ans répétitifs me posent question: Où étais-je à 5 ans? à 10? 15? etc...Et bien à 5 ans je perdais ma grand-mère paternelle et 6 mois plus tard nous nous installions en Bretagne dans la maison familiale. Ceci explique-t-il cela? 10 et 15 ans ont marqué aussi pour moi des changements majeurs. Le rythme était-il pris?

Bénabar: le zoo de Vincennes

Zoos

J'ai entendu cette chanson hier à la radio, elle m'a émue. Supprimons les zoos, qui ne servent à rien qu'à nourrir dans l'imaginaire de nos enfants la possibilité d'enfermer, de mater la misère sans se sentir concerné, et qu'une partie de ce qui vit sur cette planète ne mérite pas plus que les barreaux d'une cage. Ils n'en apprennent rien d'autre. En 1931,lors de l'Exposition Coloniale, c'était des humains que l'on mettait en cage. Mais est-ce plus acceptable parce que ce sont des animaux? N'en déplaise à Monsieur Bougrain-Dubourg, ardent défenseur des animaux, à propos de la rénovation du Zoo de Vincennes: ""Les animaux présentés seront les ambassadeurs des programmes de protection." A mon sens, un animal enfermé est d'abord l'ambassadeur de l'enfermement. Supprimons les zoos...

Le rhinocéros du zoo de Vincennes
Sa peau est une écorce qui craquelle, il traîne
Licorne monstrueuse aux paupières de terre glaise
Mastodonte de peine sans espoir de remise
Vieillard, un enclos de béton vieux
Vieille gloire, un hospice de banlieue
A l'étroit piégé dans le zoo de Vincennes
Une baleine noyée dans les eaux de la Seine
Quel chagrin, quel triste monde
Où la savane se fane à l'ombre
De la fausse montagne du zoo de Vincennes
Dans ce minable safari domestique
Où même le roi de la jungle abdique
Loin de la savane et des vastes plaines
Le lion est un vieux beau à bedaine
Crinière en calvitie, derrière son grillage
Il ne tourne même plus comme un lion en cage

A quoi bon encore jouer les bêtes féroces
Quand on ne fait même plus peur aux gosses
Sous la volière des rapaces résignés
Regardent en l'air sans plus rien espérer
A côté les simagrées des singes sans gène
Et un petit train que les enfants dédaignent
Un couple d'éléphants piétine d'ennui
Aux défenses d'ivoire inutiles et ternies
Pour essayer d'atténuer la déprime qui les gagne
Faudrait un Lexomil gros comme un pain de campagne
Est-ce que chez eux, les enfants d'Afrique
Vont visiter des parcs zoologiques
Pour voir enfermées des bêtes qui viennent de loin
des chats, des pigeons, des horodateurs ou des chiens
Le zoo de Vincennes
Arche de Noé de banlieue parisienne
Curieuse ménagerie triste et funèbre

Où les animaux s'emmerdent.

Bénabar

le jeu du Tao

Jeu_du_tao

Hier soir, j'ai animé une partie de Tao. Ce jeu, créé par les fondateurs de Taovillage, consiste à choisir une quête, un projet personnel, un souhait et à cheminer vers lui par la connaissance de soi. Basé sur une synthèse des grandes sagesses universelles, les différentes approches et recherches en psychologie, la partie de Tao est une véritable expérience, conviviale et amusante, de cheminement vers soi.

La partie se déroule à 4, supervisée par l'animateur, et les participants ne jouent pas l'un contre l'autre, mais s'accompagnent mutuellement, par un jeu de questionnement, d'écoute et de feed-back.

C'est une école de respect, d'échange et de coopération. Bref, il est l'illustration d'une nouvelle ère, où l'objectif de chacun n'est pas d'acquérir des avenues, des maisons, des hôtels, mais l'accomplissement de soi.

J'avais découvert ce jeu en 2003, et, enthousiaste, m'étais formée pour être "taomaster"auprès de Taovillage. Aujourd'hui, certaines formulations du jeu me paraissent obsolètes dans ma vision du monde: prix à payer, se battre, etc... mais peu importe, cela reste une magnifique occasion de passer une bonne soirée en famille, avec les enfants, avec des amis, et professionnellement c'est un outil très efficace.

Pour en savoir plus, pour vous amuser ou pour vous initier, c'est ici.

pour s'endormir

Lait

Soir après soir, depuis presque deux semaines que ma chambre est un bocal irrespirable, je me retrouve debout tard dans la nuit devant mon bol de lait au miel salvateur, qui va me permettre de trouver le sommeil.

Tout ça n'est pas bien grave. C'est juste éreintant et très répétitif. Le réveil est plus difficile, je me traîne en fin de journée et avance peu dans les activités que je me suis assignée. Mais une chose est sûre, je ne prends aucun somnifère, juste un bol de lait. Et ça marche!

Alors, je sais bien tout ce qui se dit et a été montré sur la nocivité du lait de vache sur l'organisme humain. Oui, sauf que dans le lait, il y a de l'acide aminé tryptophane qui, additionné à la vitamine B6 contenu dans le miel, produit l'hormone du sommeil: la mélatonine.

Dormez bien!

partir de l'intérieur ou de l'extérieur?

A la suite de ce qui aurait pu devenir une diatribe entre deux bloggeurs, je ne résiste pas à y mettre mon grain sel.

En peu de mots: est-il plus important de comprendre le monde qui nous entoure ou nous-mêmes?

Ma réponse est claire: à mon sens, il s'agit de la même chose. Microcosme du macrocosme et vice versa. Il s'agit juste à mon sens d'un chemin: il peut partir de soi ou de l'extérieur, peu importe au fond, puisqu'il nous ramène toujours à l'humain que nous sommes et notre place dans l'univers.

Séparer l'extérieur de l'intérieur est sans doute notre plus grand aveuglement.

Ma propre voie me fait partir, par penchant naturel, de l'individu; mais j'ai bien conscience que l'univers qui m'entoure est à l'image de mon être tout entier; j'ai conscience en outre d'être moi-même faite de minéral, de végétal, d'animal et d'humain.

Désormais je regarde tout comme faisant partie de moi-même: la beauté comme l'horreur, la joie comme la tristesse, la guerre comme la paix. La réaction de Zidane ou celle, assassine, d'Israël, me renvoie bien à ma capacité réactionnelle; l'irrespect qu'il m'arrive d'exprimer envers la nature me renvoie bien à celui que j'ai envers mon propre corps parfois (enfin, souvent!); les tsunamis évoquent ces vagues émotionnelles immenses qui peuvent me submerger, les tremblements de terre tous mes craquements intérieurs.

Et surtout j'ai conscience, même si je trébuche souvent, qu'en ouvrant ma conscience, en choisissant le chemin de l'harmonie, je concours, je participe, je contribue à l'harmonie du monde dans lequel je vis. Et vice-versa: en contribuant, en donnant le meilleur de moi-même à l'extérieur, je me donne en même temps le meilleur.

Il n'y a aucune frontière, à mon sens, entre qui je suis et le reste de l'univers.

le tour du monde à peu de frais

Losse

Nouillorc

Quancoune

Saint_gapour

Ok, ces panneaux sont connus. Mais comme je ne pars en vacances cette année, finalement, j'ai bien le droit de rêver. Et puis...n'avons-nous pas toujours tendance à aller chercher très loin ce que nous avons tout près...

souvenirs, souvenirs

Bigoudennes_photo2

Juste parce qu'elles ont bercé mon enfance et les retrouver à la télévision, n'en déplaise aux grincheux, m'apporte un brin de nostalgie et de joie. Originaires de Loctudy, elles étaient nos voisines. Et comment ne pas ressentir une intense émotion en me remmémorant Berthe chantant à cappella dans le cimetière devant le cercueil de mon père que l'on mettait en terre.

C'est l'été, je ne vais plus à Loctudy. La Bretagne, ma Bretagne, n'est plus. C'était celle qui sentait le bois ciré quand j'entrais dans la maison, le bruit des cailloux quand une voiture arrivait ou celui du chien qui aboyait à la venue du facteur, la motte de beurre jaune, luisant, perlé d'humidité que j'allais chercher à la ferme, les coiffes des bigoudens qui m'empêchaient de voir le prêtre, le dimanche, à la messe. Ma Bretagne, c'était mon père en robe de chambre ramassant les mauvaises herbes de bon matin, ma mère préparant les menus de la semaine, mes frères et soeur partant faire du bateau, et moi enfourchant ma mobylette pour rejoindre le club de voiles. C'était les crêpes de la Crémaillère, croustillantes, dorées, gorgées de beurre; le bac qu'il fallait attendre parfois une heure pour traverser l'Odet entre Sainte-Marine et Bénodet; la foule, le dimanche, sur le port de Loctudy pour les régates.

Ma Bretagne, je n'y vais plus. Une fuite. Depuis longtemps je me demande pourquoi je n'ai plus envie d'y aller. Le prétexte du temps est un mauvais prétexte: tout le monde sait que chaque petit coin de Bretagne Sud bénéficie d'un micro-climat! Non, ce sont mes souvenirs que je fuis: une part de moi reste figée dans le passé, dans mon enfance et n'a pas envie envie de voir les choses changées.

J'y suis retournée, pourtant, il y a quelques années: ça m'a fait mal. Me manquait l'ordre maniaque de ma mère, et l'image de mon père sortant accueillir les invités, les odeurs n'étaient plus les mêmes, les fleurs du jardin avaient éét rempalcées, les meubles partagés. J'ai choisi l'instant présent...et en même temps, j'ai mal à mon enfance. Parce qu'on se détache difficilement de ce qui ne nous a pas comblé. Le deuil ne peut se faire que lorsque la relation a été pleine, et que l'on n'a rien à regretter.

Pourtant, j'ai le sentiment de ne rien regretter de ma vie. Faux, Isabelle, faux!Tu ne regrettes rien de ce que tu as fait, mais tu n'as pas réglé ces liens fait de passion et de silences de ton enfance. T'as encore du boulot, ma vieille!

résolution de conflit: un aspect

Pourquoi nous n'arrivons pas à résoudre certains conflits? Parce que nous restons coincés dans la passé et le futur. Le passé nous coince dans le ressentiment, et le futur dans la peur.

Seul l'instant présent peut nous permettre de sortir de l'impasse.

  • Qu'est-ce qui se passe, maintenant?
  • Qu'est-ce que je ressens, maintenant?
  • Que puis-je comprendre, maintenant?
  • Que puis-je faire, maintenant?

Tant que je ressasse, verbalement ou dans mon tête, des évènements passés, je ne peux pas avancer. Nous avons même une rare capacité à faire remonter, à partir de rien, non seulement des images mais des ressentis passés. Nous créons nous-mêmes les conditions de l'impasse en nous projetant sur l'écran de notre mémoire les circonstances qui nous ont déplus. Ceci est vrai même pour les conflits latents, qui peuvent mettre notre santé en jeu.

Parler, expliquer, comprendre, changer son angle de vision, tout cela est important, dans la mesure où nous le faisons dans l'instant présent.

De même, la peur du résultat nous projette dans un futur, non seulement hypothétique, mais qui ne laisse ni à l'autre ni à nous-mêmes la moindre chance. Ainsi la promesse de changer est-elle bien dérisoire, puisqu'elle nous plonge dans un état futur dont nous ne savons rien d'avance. Je peux me mettre en question maintenant, modifier un comportement maintenant. Et ce que l'autre choisit de dire ou faire est important maintenant. Demain ne sera qu'un autre instant présent le moment venu et aujourd'hui sera demain le passé.

Comme pour tout, l'instant présent est la clé.

Sapho et l'orchestre oriental de Nazareth

Sapho

http://mondomix.com/event/fes2004/ram/sapho_vid.ram

J'avais été l'écouter en 2003: une merveille. Cette femme est une citoyenne du monde, et sa collaboration avec  de l'orchestre de Nazareth, composé de musiciens juifs, musulmans et chrétiens plus forte que n'importe quelle bannière.

cliquez, écoutez...