Il faut se battre... voilà une expression courante et qui me fait frémir. Se battre pour l'emploi, se battre contre le racisme, se battre pour ou contre, c'est toujours se battre, batailler. Elle dérive de l'une de nos plus anciennes croyances: la vie est dure, c'est un combat, il faut se battre pour vivre, etc...
A mon sens, tant que demeurera en nous une once de bataille, nous engendrerons des batailles. contre l'autre et contre soi-même. Parce que nous faisons tout en force, nous créons le rapport de force. Dans notre propre envie d'avancer, nous nous battons contre certaines de pulsions, contre notre ombre, notre volonté rentre en conflit avec nos compulsions. Et nous pouvons constater que ça ne fonctionne pas. Ou seulement à court terme, ce qui revient au même.
Plutôt que se battre, mon expérience m'a montré que c'est en acceptant et en aimant ce qui parait adverse que j'ai fait le plus de progrès. Absurde? Lorsque je me surprends dans un comportement qui ne me convient pas, j'ai appris à le constater, sans le juger, à regarder d'où il peut venir, de quoi il cherche à me protéger, et à le remercier. Si, si... Ces petites prises de conscience successives m'amènent progressivement à changer, naturellement, sans batailler.
Il en est de même vis-à-vis de l'extérieur. Nous pouvons considérer que certains comportements sont inacceptables, que des lois sont iniques, que certaines prises de position méritent qu'on s'y oppose. Mais s'opposer ne signifie pas nécessairement combattre; ce peut-être aussi proposer autre chose. nous pouvons être porteurs d'idées, être l'exemple d'un comportement cohérent avec ses idées, montrer que la vie fonctionne mieux ainsi. En d'autres termes, nous pouvons seulement être et montrer qui nous sommes. Pas convaincre, juste montrer.
Lorsque je vois des politiques prôner certaines idées, et agir à l'inverse, je ne les crois pas crédibles. Jusqu'à Arlette Laguillier que j'ai vue un jour se garer sur une place handicapé devant le restaurant dans lequel elle se rendait. Pourtant, je l'aime bien, cette femme, elle m'est sympathique avec sa fidélité, sa constance. Mais ce jour là, j'ai été dérangée par une certaine incohérence. Et ça n'en est qu'une petite, je ne parle même pas des grands ténors du pouvoir d'aujourd'hui ou de demain.
Au point d'évolution où en est l'humanité, il est bien sûr des circonstances où il est encore nécessaire de répondre à l'agression collective, nous le savons bien. Mais je ne crois pas que ce soit en répondant par une agression plus forte encore (sic...). Nous pouvons arrêter ces conflits parce qu'ils ne fonctionnent pas dans le sens de la vie et il est parfois nécessaire de prendre les grands moyens, en conscience. C'est-à-dire en ayant conscience que c'est là où nous en sommes collectivement aujourd'hui. Et en continuant le travail intérieur individuel qui, ajouté à celui des autres, est un petit ruisseau qui devient à l'heure actuelle de plus en plus grand. J'en veux pour preuve non seulement les livres que je lis, certains films que je vois, les rencontres que je fais, mais la planète blog elle-même, joli reflet d'une société en pleine mutation.
Soyons, tout simplement. Et ainsi entraînons, soyons les premiers dominos d'un monde meilleur. Entraînons, plutôt que bataillons!
Les commentaires récents