vous avez dit, mauvaise herbe?
"Qu'est-ce donc qu'une mauvaise herbe, sinon une plante dont on n'a pas encore découvert les vertus?"
Ralph Waldo Emerson

« janvier 2006 | Accueil | mars 2006 »
"Qu'est-ce donc qu'une mauvaise herbe, sinon une plante dont on n'a pas encore découvert les vertus?"
Ralph Waldo Emerson
Si les deux premiers, estime et confiance en soi, concernent principalement le petit moi, l'ego, la personnalité, l'amour de soi a dimension plus globale de l'être.
D'une part, c'est être un bon parent pour soi, bienveillant et soucieux du bien-être. S'aimer, c'est prendre soin de soi de façon holistique: corps, esprit et âme.
L'amour de soi est à la fois la condition et la conséquence. En effet, il englobe l'estime et la confiance en soi et il peut être un préalable à ces derniers. Et en même temps, il en est la résultante. Qu'est-ce à dire? Que l'amour de soi est un tout, comme l'Amour est le Tout.
Il n'est ni narcissisme ni égoïsme, mais la façon que nous avons de nous unir à nous-mêmes. Selon Jacques Salomé, le plus beau cadeau que nous pouvons offrir à nos enfants n'est pas tant de les aimer que de leur apprendre à s'aimer.
Comment être en amitié avec soi-même? D'abord en accueillant tout ce qui constitue notre être:
Les puristes me taxeront peut-être de simplifier à outrance; il me semble que la simplicité, en l'occurrence, est le meilleur chemin d'accès à soi-même, au risque sinon de tourner en rond dans le labyrinthe d'un mental bien huilé.
Ce soi, c'est cette création, ce chef d'oeuvre chaque jour renouvelé, que nous pouvons aimer comme l'artiste aime son oeuvre. Chaque jour est l'occasion de comprendre et d'être créateur à 100% de nos vies. S'aimer, c'est aussi être responsable de qui je suis, en répondre.
Et si l'amour est la vie, alors s'aimer, c'est aimer la vie. Comment aimer la vie si nous ne nous aimons pas, puisque nous sommes la vie? N'y-a-t-il pas là un paradoxe? L'amour de soi est un tout en ceci que c'est une intrication intime: soi = vie = amour = vie = soi. Magnifique cercle vertueux!
Enfin, nous avons tendance à chercher l'amour de soi à travers l'amour d'un autre. Or, c'est l'inverse: l'amour de soi permet l'amour de l'autre. Dans le premier cas, j'attends de recevoir; dans le deuxième, j'entre dans la capacité de donner, de rayonner de cet amour qui me constitue. Guy Corneau dit à juste titre: " Passer de je suis tout pour l'autre et il est tout pour moi, à j'aime que l'autre existe et j'aime exister. C'est l'amour de la vie."
On me rétorquera que si nous étions vraiment l'amour, le monde tournerait mieux. Mon hypothèse est que nous sommes l'amour mais que nous l'ignorons, ne le regardons pas, ne nous reconnaissons pas pour ce que nous sommes vraiment. Il suffit d'ouvrir les yeux, les oreilles, et le coeur. Mais si, c'est simple....
La confiance en soi est directement liée à l'action que l'on se sent capable de poser. Elle est une prédiction: "ça va marcher". Et moins que le résultat, c'est une prédiction sur nous avons les ressources nécessaires. Elle n'est pas aveugle, mais réaliste, et ne doit donc pas être confondue avec l'inconscience!
D'après Isabelle Filliozat, il existe 4 sortes de confiance en soi:
J' ajoute la confiance historique, inspirée par un ami il y a des années, qui se réfère aux mémoires que nous portons, en particulier sur le rôle joué par notre famille dans la société. Elle est l'un des facteurs de la confiance sociale.
La confiance en soi nous vient principalement de notre éducation: des parents dévalorisants ou au contraire trop exigeants peuvent nous mener à penser que nous ne sommes pas capables de réussite.
Les personnes qui manquent de confiance en elles sont facilement reconnaissables: leur première difficulté est l'action, le faire. Elles sont paralysées par le doute et préfère ne rien faire que risquer l'échec.
Le mot "confiance" vient de cum = avec et fides = foi, à l'origine du mot fiancé, ou fiancailles. Cela signifie la foi en soi, la foi en l'autre, la foi dans la vie. Cela me rappelle ce leitmotiv que je me répète inlassablement: "Je donne le meilleur moi-même, le résultat ne m'appartient pas, car la vie veut le meilleur pour moi". Ainsi, la confiance nous mène à vivre au jour le jour dans la certitude du lendemain. C'est un équilibre entre intérieur et extérieur.
Comment la développer?
A l'opposé de la confiance, se trouve la défiance, la peur. J'en reparlerai avec l'amour de soi.
Le jour d'hui était particulier: c'était la messe anniversaire de la mort, du passage de l'autre côté du mur, dans la pièce à côté, de mes parents: mon père, en Novembre 91, ma mère en Février 03.
Le deuil.... j'en reparlerai. Il s'est fait: aujourd'hui, je les sens très proches, reliés par ce fil ténu et solide tendu par l'amour entre visible et invisible.
Je vais rarement, très rarement, à la messe. Aujourd'hui, j'ai retenu de l'homélie du prêtre: "Passons de la productivité à la fécondité"... J'ai entendu: " cessons de produire à tout va, créons, procréons, soyons féconds." La fécondité, évidemment, propose de produire...mais chacun en son temps, donnons, créons et engendrons l'amour. Car nous pouvons faire presque la même chose, sans oublier l'amour. De soi, de l'autre, et du reste!
Le latin, fecundus, se traduit par produire en français, et en sanskrit par bhu, être!
Ce ne sont pas seulement belles paroles... c'est possible et les initiatives dans ce sens sont de plus en plus nombreuses: développement durable, commerce équitable, restau du coeur, ouvrons-nous , etc... alors, allons-y!
Il est courant de confondre estime et amour de soi. Je préfère dire que l'estime de soi est la conscience que nous avons de notre valeur personnelle, et donc, qu'elle entraîne l'amour de soi.
Il est nécessaire de ne pas confondre non plus estime de soi et narcissime. En fait, le narcissique est une personne en grande mésestime d'elle-même, qui a besoin en permanence de se placer sur un piédestal, de regarder dans l'eau le reflet déformé de qui elle est pour faire monter sa confiance en elle.
L'estime de soi se remarque par la faculté de ne pas juger. On remarquera que les personnes qui passent leur temps à poser des jugements négatifs sur les autres, ou la vie en général, sont au tréfonds d'elle-même dans la mésestime. C'est le problème du narcissique décrit ci-dessus.
La personne qui a de l'estime d'elle-même se reconnaît par:
Il s'agit par conséquent de porter un regard juste sur soi et sur l'autre, ce qui est moins évident qu'il y paraît. Notre civilisation judéo-chrétienne ne nous l'a pas appris, qui parle d'orgueil dès que l'on se reconnaît une qualité! Poser un regard juste sur soi, c'est reconnaître ses points forts et ses points faibles, tout simplement. Essayez: dîtes immédiatement, sans réfléchir, 5 de vos qualités. La plupart du temps nos défauts pointent leur nez les premiers!!!
Cette propension que nous avons de nous dévaloriser nous conduit à dévaloriser l'autre, et/ou à lui faire porter nos propres défauts: cela s'appelle la projection. Vous noterez combien les personnes qui portent des jugements sur les autres parlent en réalité d'elles-même! Il leur est tout simplement impossible, à moins d'avoir fait un certain travail de conscientisation, de se regarder; regarder leurs points faibles est porteur, inconsciemment bien sûr, d'un poids trop lourd de culpabilité.
Ainsi, nous avons tendance à nous comparer avec les autres, qui sont mieux ou moins bien...plutôt que nous juger simplement à la hauteur de ce que nous sommes. Il s'agit encore une fois d'exercer notre bienveillance envers nous-mêmes. La perfection n'étant pas encore humaine, nous avons tous des points à améliorer. Les regarder en face, loin de nous dévaloriser, nous donne l'opportunité de les faire progresser.
Alors que nous portons ce regard juste envers nous-mêmes, nous devenons vraiment responsables et sortons de notre dépendance au regard des autres. Croire que notre estime de nous tient aux signes de reconnaissance des autres, à leur façon de nous congratuler ou au contraire de nous critiquer, est pure illusion. L'autre ne peut pas me renvoyer une image juste de qui je suis car il est lui-même l'objet de ses propres filtres. De même, je ne peux renvoyer à l'autre une image vraie par la critique: je peux seulement le renvoyer à lui-même par un juste questionnement. De la même façon, le compliment reçu ou donné, s'il peut évidemment faire plaisir, n'est qu'un miroir aux alouettes en l'absence d'une estime de soi déjà construite. Si nous dépendons des critiques ou des éloges pour aller bien ou mal, alors nous laissons aux autres le pouvoir sur nous.
Un autre trait de l'estime de soi est l'intégrité, en tant que fidélité à soi-même, à ses valeurs. Vivre en cohérence avec nos valeurs fait immanquablement monter notre estime de nous-mêmes.
Comment construire et/ou nourrir l'estime de soi, en 10 points?
Il y en a d'autres, bien sûr... à chacun d'adapter selon ses besoins, à condition que cela soit toujours avec une vision positive, et réaliste.
Dans la vie courante, nous avons tendance à confondre estime de soi, confiance en soi et amour de soi. qu'est ce- qui les différencie?
la suite à venir...
Bruai-en-Artois, Gregory, Ilan... et la justice... à lire:
http://fr.news.yahoo.com/23022006/326/justice-catalyseur-des-passions-du-monde.html
"L'écoute exclusivement auditive est une chose. L'écoute intellectuelle en est une autre. Mais l'écoute de l'esprit ne se limite pas à une seule faculté -l'audition ou la compréhension intellectuelle. Elle requiert une vacuité de toutes les facultés. Lorsque cet état est atteint, l'être tout entier est à l'écoute. On parvient alors directement à saisir ce qui est là, devant soi, ce qui ne peut jamais être entendu par l'oreille ou compris par l'esprit."
Tchouang Tseu
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