Nous vivons tous des situations dans lesquelles nous nous "amusons" à des jeux psychologiques. L'un d'entre eux est une véritable spirale infernale, dramatique: le triangle de Karpman. Il consiste à endosser un rôle ou à répéter invariablement une série de rôles: la victime, le sauveteur, le persécuteur.
Rappelons-nous. Ne nous est-il jamais arrivé de nous sentir victime d'une situation ou de personnes? N'avons-nous jamais ressenti le besoin alors de nous venger? Ou bien, constatant le rôle de victime d'un tiers, ne nous sommes-nous jamais sentis obligés de courir à sa rescousse?
Le plus courant, il est vrai, et le plus dévastateur, est le rôle de victime. Celui qui fait porter à l'autre, aux évènements, à la vie, la responsabilité de ce qui nous arrive.
Le sauveteur, lui, va d'une façon ou d'une autre, se sentir responsable de ce qui arrive à l'autre.
Quant au persécuteur, inutile de faire un dessin: agressif, manipulateur, destructeur, la liste est longue. Mais ne nous y trompons pas, aucun de nous n'est étranger à ce rôle, qu'il nous arrive d'endosser à notre corps défendant.
Sans compter les doublons: parce que je me sens victime, je deviens persécuteur; parce que je vole au secours, je deviens associé-victime ou/et persécuteur; parce que je suis persécuteur, je me dédouane en étant sauveteur ou victime ailleurs.
De toutes façons, nous jouons à ce jeu de façon récurrente et le premier pas est d'en prendre conscience.
Si je prends l'exemple de mon projet professionnel, ma première réaction est de me sentir victime d'une copropriété inique. Mon deuxième réflex est de réfléchir à la meilleure façon de leur faire avaler leur bêtise. Ma troisième réaction consiste à penser à mon équipe et à me sentir responsable du voyage dans lequel ils se sont embarqués.
Sauf que...
- Je sais que, inconsciemment bien sûr, une part de moi-même met sans doute des freins à l'accomplissement de ce projet. A moi d'intégrer ma responsabilité et de faire les ajustements nécessaires.
- Ces personnes, qui mettent d'effroyables bâtons dans mes roues, n'ont pas croisé mon chemin par hasard. Ce que je nomme de la bêtise est ma perception des choses; de leur côté, ils sont certainement convaincus de faire ce qu'il faut, leur intention est positive pour eux. Me venger d'une façon ou d'une autre reviendrait seulement à agir exactement comme eux.
- L'équipe qui me suit est aussi responsable que moi des choix qu'elle a fait. Personne n'a obligé personne à adhérer à ce projet ni à le rejoindre.
Bien sûr, ce cas est facile et il est parfois plus délicat de regarder les évènements de cette façon. Si un chauffard me fonçe dessus et que je me retrouve hémiplégique, évidemment je vais être victime.
J'ai appris dans mon métier que nous sommes 1er responsables. Depuis j'ai fait mon propre chemin et je crois que nous sommes 100% responsables. Qu'est-ce que cela signifie? Cela signifie que j'ai toujours une possibilité d'agir sur les évènements: d'abord parce que mon chemin de vie m'a amenée à créer des évènements; deuxio, parce que la vision que j'ai de ces évènements et les réactions que je vais avoir ensuite ne dépendent que de moi. Lorsque la vie semble s'opposer, je peux sombrer, ou bien regarder ce qu'elle m'apprend et ce que je peux développer à partir de là. Cela ne veut pas dire que je vais éclater de rire après un accident. Non. Cela veut dire que je vais passer par une phase de deuil, difficile et douloureuse (j'y reviendrai), et qu'ensuite j'ai toujours la capacité de rebondir, d'une façon ou d'une autre.
C'est toujours la même chose: une question de choix!






Rédigé par: Isabelle à Claudia | 14/11/2008 à 12:23
Rédigé par: claudia gerber | 14/11/2008 à 11:32
Rédigé par: Isabelle à Henrique | 27/02/2008 à 13:12
Rédigé par: Henrique dos Martires | 27/02/2008 à 10:19
Rédigé par: Isabelle | 26/09/2005 à 07:34
Rédigé par: Stef | 26/09/2005 à 07:28
Rédigé par: c | 25/09/2005 à 21:43