Rêve ou projet? Des rêves, nous en avons tous, dont certains nous paraissent irréalisables. Les projets sont ce qui nous fait sortir du lit chaque matin. L'un et l'autre sont mus par le désir. Et il n'y a pas de grand projet sans rêve préalable. Quelle est leur différence? Evident, mon cher Watson? Pas tant que ça...La différence entre l'un et l'autre tient essentiellement dans la mise en oeuvre. Nous sommes d'accord. Mais qu'est-ce qui fait que parfois nous croyions ferme à un rêve sans jamais passer à sa réalisation?
Réalisme? pas forcément. Manque de confiance surtout. En soi, en la vie. Devant ce qui paraît une montagne, nous préférons nous asseoir, voire nous coucher et continuer de...rêver! Plusieurs raisons à cela:
- Je ne me crois pas capable d'y arriver
- Je ne crois pas le mériter
- C'est irréaliste
Quoi d'autre encore? quels sont vos freins? La liste est longue: croyances de toutes sortes qui nous poussent à ne rien faire. Les pensées dépressives, que sont-elles au fond? Des pensées qui déprécient...soi, les autres, le monde, la Vie...la dépréciation est telle qu'elle nous cloue au sol, incapable de mouvement. Or, sortir de la déprime, c'est entrer en mouvement. Ou inversement: entrer en mouvement conduit à sortir du tunnel de la déprime. Il est nécessaire ici de ne pas confondre le mouvement et l'action. Il s'agit du mouvement intérieur, car c'est lui qui va générer le faire. Faire à tout prix ne serait qu'une fuite en avant s'il n'était assorti d'un mouvement de l'être. Ce mouvement, c'est un changement de position intérieur, un angle de vision différent, un autre regard. La méditation, même assis en tailleur, le corps immobile, est un mouvement.
Les pensées dépressives peuvent aller jusqu'à dissoudre le désir, qui est déjà un mouvement. Le ranimer revient à faire renaître le mouvement intérieur, le mouvement originel, celui qui va entraîner tous les autres: bouger de qui je crois être à qui je suis.
La pensée bouddhiste nous invite à ne plus avoir de désir. Dans la réalité que je vis au quotidien, je construis ma vie, j'avance, je gagne mon pain, je m'amuse, j'aime, etc. Et je garde à l'esprit que mon désir n'est pas une exigence, mais une préférence. Je fais tout mon possible pour que ça marche, mais les évènements peuvent tourner dans un sens différent de celui de mon désir. Peut-être que oui, à moins que non... C'est à la fois très simple et compliqué. Sans un désir fort, je n'accomplis rien. Sans la conviction profonde que la vie veut le meilleur pour moi, quelles que soient les circonstances, je risque de courir après le vent, de m'accrocher inutilement, de me faire mal. C'est une juste balance permanente entre ce vers quoi je tends et la réponse de la Vie.
J'ai un rêve, je le transforme en projet en y donnant le meilleur de moi-même. Le résultat ne m'appartient pas...
Je crois au miracle. Si, si...Je crois profondément que la Vie est un perpétuel miracle et que parfois les choses arrivent sans raison, sans qu'on s'y attende, comme tombées du ciel. Avec juste un bémol. Et un bémol n'est pas un moins, mais une nuance. La vie est un miracle permanent si je la regarde ainsi et si j'agis en ce sens. Ce n'est pas une condition; à mon sens la Vie est inconditionnelle. Cela vient du fait que nos pensées sont créatrices, nos croyances donc, et que le monde en est le reflet. J'en ai de multiples témoignages tous les jours, et je peux le constater moi-même dans mon quotidien.
Alors, rêvons et soyons en mouvement...
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