toujours là, si si...

Malgré les apparences, je suis toujours là; toujours incapable d'écrire; parce que je vis, tout simplement, et que dans l'action mon mental s'efface un peu. J'aimerais partager mais je n'ai pas encore de recul sur ce que je vis.

Et c'est parfait ainsi.

La vie est en train de me proposer de constater où j'en suis véritablement: suis-je bien là où je croyais être, mes valeurs sont-elles plus que de simples théories, ce que je ressens et partage ici est-il plus que des attitudes?

Je peux mesurer le gap entre ce en quoi je crois et ce dont je témoigne véritablement dans ma vie. C'est un véritable cadeau que de voir à la fois le chemin parcouru et celui à parcourir. Et de s'engager sur une voie royale vers un peu plus de conscience...

la suite très vite....

deux jours à tuer

Deux_jours_tuer On compare souvent Jean Becker à Sautet, sans doute parce que l'un et l'autre, sous d'apparentes facilités, se glissent dans le coeur humain pour nous montrer que nos émotions sont partagées ou à l'inverse que celles des personnages sont aussi les nôtres. Ce "Deux jours à tuer", remarquablement interprété par Albert Dupontel et Marie-Josée Croze, est un exemple de ce que l'on peut vivre au travers des sentiments des autres, jusqu'au malaise parfois: la façon dont le héros, Antoine, envoie tout le monde bouler, et surtout ceux qu'il aime, peut déranger jusqu'à la nausée. J'ai regretté un peu la deuxième partie du film qui, bien qu'elle nous permette de retrouver un Pierre Vaneck parfait en vieil homme solitaire et bourru dans des paysages d'Irlande somptueux, vire un peu trop au mélo et fait ainsi perdre de sa puissance à une histoire au demeurant bouleversante. J'ai un peu ri et pleuré, comme Sautet aurait si bien su me le suggérer. Et l'histoire conduit à nombre de réflexions...existentielles, si l'en est. Mais chtttt....faut pas tout raconter!

tempête dans un verre d'eau

Parfois, un petit rien envenime l'instant présent, sans qu'on sache vraiment le pourquoi de l'importance qu'on lui donne. On est soudain noyé dans des abîmes d'incertitude, manipulé par un mental habile à nous faire tourner en rond. Les mêmes phrases se répètent en boucle dans la tête sans qu'on en trouve d'issue. Et enfin, ce n'est jamais "notre faute": quelqu'un nous a agacé, un évènement nous a mis en colère, ou attristé, ou frustré et nous éloigne de notre sérénité.
Pour ma part, je sais que lorsque je suis assaillie par ce genre de sentiments, je deviens une huitre, presque incapable de mouvements et de paroles. Je peux gâcher une heure ou une journée à cause de cela, et même parfois y laisser mon sommeil. Et je sais que ce sont toujours les mêmes comportements qui provoquent les mêmes ré-actions chez moi.

Comment sortir de ces états et s'assurer de ne pas les pérenniser?

Nous ne sommes pas maîtres des évènements mais responsables de nos ressentis.

La première étape est bien sûr d'accueillir le sentiment qui nous agite, de le respecter, de l'aimer même car il nous alerte sur l'un de nos fonctionnements. J'insiste: sur l'un de nos fonctionnements. Il ne s'agit pas de déresponsabiliser l'autre de ses agissements, mais d'assumer l'effet qu'ils peuvent avoir sur nous, de discerner ce qu'ils réveillent, de regarder ce qui est vraiment en train de réagir en nous.

S'il s'agit d'une situation répétitive dans notre vie, il est important de le distinguer, car un schéma répétitif est toujours un scénario que l'on attire à soi indéfiniment jusqu'à ce qu'on en prenne conscience et que l'on transforme ce qui nécessite de l'être, non pas chez l'autre, mais en soi. Comme aimait à le dire C.G. Jung: "Ce qui ne vient pas à la conscience se présente dans la vie sous forme de destin."

Lorsqu'on prend conscience de la racine du malaise en soi, il est possible alors de s'expliquer avec la personne impliquée, non pour lui faire des reproches, mais pour lui indiquer que tel ou tel comportement de sa part a des incidences pour nous, que telle ou telle chose n'est pas compatible avec nos propres fonctionnements; il ne s'agit pas alors de lui demander de changer, ce qui serait parfaitement illusoire, mais de rester au plus près de ce qui est important pour nous. La différence est subtile.

Neale Walsh, dans Conversations avec Dieu, raconte cette situation: sa femme fume dans la maison et cela ne lui convient pas. Il la prévient. Il ne lui demande pas d'arrêter de fumer, mais de fumer à l'extérieur.  Pour lui faire plaisir sans doute, elle fait un effort puis petit à petit revient fumer dans la maison. C'est alors qu'il lui dit très bien comprendre son envie de cigarettes mais que la fumée est incompatible avec son écologie personelle. C'est avec elle qu'il a envie d'être et de vivre, il l'aime, mais n'ira pas jusqu'au détriment de ses propres valeurs. Si c'est nécessaire, il s'éloignera.

J'ai entendu certains me dire, ayant entendu cette anecdote, qu'il s'agit d'un chantage déguisé. A mon avis, il n'en est rien. Il s'agit surtout de rester toujours cohérent avec soi-même et d'être dans l'affirmation de soi. Aimer, n'est-ce pas laisser à l'autre sa liberté tout en respectant qui nous sommes?

Pour ma part, je ne dis rien tant que je n'ai pas "digéré" l'évènement. Il est important pour moi de m'assurer que mon malaise ne se transformera pas en revendication. C'est le plus difficile. Puis, lorsque je me suis mise au clair avec moi-même, je peux expliquer où j'en suis et pour quoi.  Il nous revient ensuite, ensemble, de corriger la situation, ou pas. Et l'on s'aperçoit la plupart du temps que l'on a dramatisé quelque chose qui pouvait être résolu facilement. Parler, toujours parler, quel qu'en soit le prix....seul le dialogue peut désamorcer ce qui pourrait devenir une étincelle dangereuse et mettre le feu aux poudres.

L'autre est toujours un miroir et il nous revient donc de distinguer ce qu'il nous renvoie de nous-mêmes. Avec cette optique en tête, toute relation devient une merveilleuse aventure...





peu importe l'importance de la fréquentation

J'écris peu en ce moment...l'esprit ailleurs.... c'est qu'à la veille de ses trois ans, ce blog prend un sens tout nouveau. Je l'ai écrit depuis longtemps, transmettre et partager sont les deux mamelles de mon écriture. Au-delà de cela, comme tout mène à tout, comme rien n'arrive par hasard et parce que le sens des choses se dévoile parfois à retardement, tout ici s'imbrique et prend aujourd'hui une saveur différente.
Je m'explique: écrire ce blog m'a apporté beaucoup de bonheurs: le plaisir d'écrire d'abord, ou plutôt celui de répondre à une compulsion très ancienne; celui, par la clarté nécessaire de l'écrit, de préciser ma pensée en l'explicitant; celui de quelques rencontres amicales et professionnelles; et puis, last but not least, tant s'en faut, the Rencontre. Celle que je n'attendais pas, venue de loin et de nulle part, insolite, magique, évidente, et tellement, tellement cohérente, finalement. Comme si ma ténacité à continuer d'écrire malgré mon envie récurrente de tout arrêter était conduite par quelque chose en moi qui savait de tous temps et dessinait mon destin au gré des mots.

Peu importe l'importance de la fréquentation...il suffit que la bonne personne lise, commente, et au bout du compte, de laisser la vie opérer sa magie....

Internet nous ouvre à la multitude, gardons à l'esprit qu'au-delà du virtuel, des âmes visitent les claviers!



le matin

Le matin 

La nuit virait du noir au gris, à l’heure des retrouvailles indistinctes, quand les pieds sont au chaud et les épaules trop fraîches, quand les mains cherchent la tiédeur voisine, quand les yeux encore clos devinent à bout de doigts.

Les rêves s’enroulaient dans l’hospitalière coquille des escargots partis se réchauffer ailleurs. Les âmes buissonnières s’en revenaient de leur vagabondage entre abysses et arcs-en-ciel.

Un bruissement léger dans les buissons humides annonçait le retour du chat, rentré prendre pitance. Et sur le chêne, adouci de vert tendre, les mésanges appelaient au réveil.

S’amarrer au matin, descendre la grand-voile qui faseye encore des brises maritimes, mettre le pied à quai le temps d’un plein de victuailles, un regard, un sourire, des lèvres caressantes, un mot doux, un mot dur, mot sucré, mot acide, limes et goyaves, emplir le jour d’aventures sapides pour nourrir la traversée nocturne, entre deux mers, entre deux rives, entre toi qui vient de l’autre côté de moi et moi qui glisse, à tire d’ailes, vers tes côtes sauvages, qui sont aussi les miennes.

Là-bas les temples s’embrasent, à l’orient de mes sens ; apprendre l’alphabet du silence dans le murmure de ton regard ; les volutes d’encens drapent ma prière, mains offertes au matin qui se propose. Dispose, mon cœur, dispose….

Makali-Le Bruit Qui Court

 

Le Bruit Qui Court
Vidéo envoyée par chezmakali

encore un peu....

à découvrir: Makali-Mais bon !

 

Mais bon !
Vidéo envoyée par chezmakali

le chanteur c'est Barnabé, fils de...Isabelle Adjani et Bruno Nuytten. Moi j'aime bien!

comment j'ai arrêté de fumer

Lorsque j'ai fêté il y a deux jours ma première année sans cigarettes, il m'a été demandé comment j'avais fait.
Je vais m'expliquer, en remontant à des années en arrière. Depuis quasiment 30 ans, j'ai souhaité m'arrêter, et mes tentatives ont été nombreuses, plus ou moins fructueuses. En Janvier 1991, après une soirée bien arrosée, quasiment un paquet de cigarettes descendu, et au réveil le crâne coincé dans un étau, j'ai stoppé pendant presque...11 ans! A l'époque, j'ai machonné de la nicorette pendant deux ans. J'avais arrêté un peu pour moi, un peu pour faire plaisir à mon mari, un peu pour me prouver que je n'étais pas aboulique. Et je me disais toujours qu'un jour je refumerais...ce qui n'a pas manqué. 

Depuis 2001, je me suis arrêté presque tous les ans, entre 4 et 8 mois chaque fois. En 2005, l'arrêt le plus long, j'ai arrêté comme cette fois-ci, en me préparant de longue date. J'ai craqué lorsque mon fils a été hospitalisé pendant deux mois.

Cette fois, je crois tenir le bon bout mais n'ai aucune certitude. Je ne me dis jamais que j'ai arrêté pour toujours (mais pas comme en 91 que je refumerai un jour ou l'autre), ce qui est un point essentiel sur lequel je reviendrai. Je mâche de la nicorette parce que c'est le moyen le plus facile pour moi et je pense qu'il n'y a pas de solution miracle, il convient à chacun de reconnaître ses fonctionnements pour trouver, le cas échéant, la bonne méthode. Pour ma part, je sais aujourd'hui que la cigarette n'est qu'un substitut à mon besoin oral que la nicorette satisfait sans problème. Je sais par ailleurs appartenir à une famille de dépendants et j'accueille cette mémoire. Enfin, je me suis donné un an pour ne plus fumer et je m'en donne un autre pour cesser de mâcher à longueur de journée.

Ma méthode:

1. Je ne me fixe aucune deadline; je choisis seulement de m'arrêter quand je me sentirai prête. La deadline est une pression qui ne fonctionne pas. Je me prépare donc psychologiquement pendant des semaines, et même des mois.

2. Au fur et à mesure, je remplace quelques cigarettes par des nicorettes, jusqu'au moment où le déclic se fait, très naturellement. Je sais que dans l'addiction la relation au temps est importante. L'enfant n'a pas été respecté dans ses rythmes naturels, en particulier lors du sevrage. J'emploie donc la méthode douce.

3. Je ne me dis ni jamais ni toujours. Pour les mêmes raisons de temps, je choisis au début de ne plus fumer pendant une demi-journée, tout en me disant que c'est un choix et non quelque chose que je dois faire. Puis, une journée entière, et ainsi de suite de jour en jour, sans jamais me confronter aux abysses d'angoisse que peut représenter ce "plus jamais". Avec ce "plus jamais", nous nous plongeons dans le manque futur, et le mental s'emballe pour créer la peur. Je demeure donc le plus possible dans le moment présent, et un instant + un instant + un instant, etc...égalent un an!

4. Ceci est très personnel, mais je ne m'arrête pas pour ma santé, ou à cause des lois, seulement pour ma liberté. A chacun de discerner quelle valeur est la plus forte pour lui.

5. L'expérience m'a montré qu'à l'instar d'autres dépendances, un fumeur reste un fumeur. Je sais donc que la rechute est facile. Et si rechute il y a, je ne me condamne pas, je me dis seulement que chaque arrêt est le brouillon du suivant....Enfin, je sais que le mental est très fort à se trouver des excuses pour replonger, je reste donc vigilante.

Voilà: rien de douloureux, rien de difficile....

Georges Brassens Le temps ne fait rien à l'affaire

 

Georges Brassens Le temps ne fait rien à l'affaire
Vidéo envoyée par guil50cents

parce que le temps ne fait rien à l'affaire...

anniversaire!

Clopes

Aujourd'hui, je fête un anniversaire! Un an sans cigarette, sans fumée, sans goudron, sans course au dernier tabac ouvert, sans petit déj vite avalé pour aspirer les premières bouffées, sans odeur sur mes vêtements, sans cendre sur mon bureau, sans gêne vis-à-vis de mes voisins, sans agacement devant la nouvelle loi anti-tabac, et avec....

quelques kilos pris en train d'être reperdus, un sentiment profond de liberté, la joie d'aller au restaurant en me disant que ça ne me manquera pas, et le plaisir de n'enfumer personne.

Le reste: odorat, souffle, voix, goût, ne m'a jamais paru décisif car je n'ai pas l'impression d'avoir "retrouvé" tout cela, comme si ce n'était jamais parti vraiment.

Et, comble, la fumée des autres ne me dérange pas...

Je me félicite et me remercie!