Un bébé né sous x a été confié à ses grand parents. C'est un débat compliqué, sur lequel je me garderai bien d'avoir un avis définitif. La justice a tranché en fonction de l'"intérêt supérieur de l'enfant".
Intérêt supérieur de l'enfant... je n'aurais pas aimé être à la place du juge...
Cette décision nie à la mère sa volonté d'accoucher sous x. Un long article de la Revue juridique, écrit en 2009 par Marie-Christine Le Boursicot, dit "pas de grands-parents sans parents". En effet, "fort logiquement, notre droit ne prévoit pas que d'autres personnes que les parents puissent inscrire un enfant dans leur lignée." Elle ajoute, à la fin: " Les réactions dont la presse s'est faite l'écho ont mis en lumière"les confusions terminologiques entre filiation, engendrement, procréation, parenté, parentalité" ....Dans les discussions relatives à l'acouchement sous X et aux liens du sang, ce n'est pas l'intérêt de l'enfant qui est au coeur du débat, puisqu'il ne peut prendre la parole à ce moment-là, mais bien celui des adultes, qui le revendiquent comme il le ferait d'un bien."
Personne ne peut souhaiter l'abandon d'un enfant. Et je ne le défends évidemment pas. Mais le respect de la volonté de la mère biologique est au centre de ce débat, son refus, pour des raisons qui lui appartiennent exclusivement, d'inscrire cet enfant dans sa lignée.
Contrairement à beaucoup de pays, la France privilégie les liens du sang. Jusqu'à l'absurdité parfois. C'est ainsi, par exemple, que nombre d'enfants sont maintenus dans des institutions et des familles d'accueil alors qu'ils sont en situation de délaissement.
On peut comprendre l'envie de ces grands parents, je ne la discute pas. Mais répond-elle à l'"intérêt supérieur de l'enfant", qui grandira avec des parents/grands parents aimants, certes, mais dans un lien familial avec une mère qui avait choisi de ne pas le connaître? Cette mère s'est depuis brouillée avec ses parents et on peut le comprendre.
Le Monde:
"La question à trancher n'est pas de savoir si la volonté des grands-parents doit supplanter celle des parents et en l'espèce celle de la mère (...), mais de rechercher l'intérêt supérieur de l'enfant tel qu'il a été posé en principe par la convention de New York du 20 novembre 1989", a estimé la cour dans sa décision.
La cour explique que, au terme de cette convention, l'enfant a "le droit à un nom et celui de connaître ses parents et d'être élevé par eux". "En l'espèce, l'intérêt de l'enfant doit s'apprécier en considération des éléments de fait, sans pouvoir occulter la réalité biologique qui a établi que les époux Oger étaient les grands-parents de l'enfant", estime la cour d'appel."
Le Figaro:
«Notre fille a fait une bêtise. On veut lui donner une deuxième chance», confiait Pascal Oger au Parisien, fin 2009. «On ne veut pas adopter l'enfant. On aspire à en avoir la garde le temps que Catherine assume sa responsabilité maternelle», assurait-il. La démarche a en tout cas brouillé les Oger avec leur fille. Dans un entretien au Courrier de l'Ouest, celle-ci a condamné l'acharnement de ses parents : «Je ne les ai jamais autorisés à voir l'enfant. Moi aussi, je veux l'intérêt de cette petite. Mais je ne veux pas qu'elle soit élevée par eux. Ils ne sont pas des parents modèles».
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