Cette présence dont a besoin notre ado, c'est un renouvellement du maternage, qui suppose que nous nous remettions éventuellement en question. Car il pourrait vite se transformer en étouffement pour ce jeune qui a tend besoin de se confronter, à nous et à la vie.
De même que le petit enfant traverse un épisode de rébellion, de "non" successifs, l'ado a besoin de rejouer cette réaction. Notre présence-distance est la réponse. Comme à deux ans, il cherche nos limites, et les siennes. Trop absents, ou indisponibles, il ne les trouve pas. Mais trop "présents", il ne peut essayer de repousser ces limites.
Où en sommes-nous de notre propre autonomie? Comment réagissons-nous face à l'autorité? Comment gérons-nous nos frustrations? Pour aider le jeune à avancer sur ces terrains, il est utile que nous soyons nous-mêmes à peu près au clair avec eux...
Il est un point sur lequel j'aimerais insister: le comportement "difficile" d'un enfant ou d'un ado est aussi la marque que nous sommes le mur solide qu'il peut tenter d'ébranler. Si ce mur est mou, il l'enfoncera sans peine. Mais il vient s'y appuyer, tente de le pousser, parce qu'il le sait inébranlable. L'amour est exigeant, et inébranlable. En venant se confronter, notre enfant nous montre, tout à fait inconsciemment, sa confiance en notre solidité.
Parfois, l'adolescence est traversée dans une profonde souffrance: la sienne, et la nôtre. Si notre enfant a vécu une petite enfance douloureuse, chaotique, s'il a subi des sévices ou des abus, ses difficultés d'attachement peuvent se transformer en comportements violents, auto-destructeurs. Il est nécessaire de tout tenter pour ne pas rompre le dialogue et le pousser à rencontrer un professionnel. S'il refuse, il est possible de lui proposer une thérapie familiale: il sentira qu'il n'est pas seul en question et cela le rassurera, en même temps que ces thérapies sont précieuses pour chaque membre de la famille, car c'est ensemble que nous traversons ces tempêtes. Et s'il refuse tout, alors c'est à nous, parents, de chercher le soutien extérieur qui peut nous manquer. Le sentiment de culpabilité qui nous ronge, et la peur ce sentiment, nous empêche de nous adresser à un professionnel.
Face aux difficultés de nos adolescents, nous sommes en effet souvent minés par la culpabilité: qu'avons-nous fait? ou pas fait? qu'aurions-nous dû faire?
à suivre...
Je n'ai pas d'adolescent à "gérer" mais j'ai été adolescente... Tout cela me parle énormémént. J'archive, pour plus tard... :-)
Carole
Rédigé par : Carole Prunier | 26/05/2011 à 22:55