Pourquoi l'adolescence de nos enfants est-elle souvent difficile?
Je crois qu'une réponse suffit: l'enfance se rejoue à l'adolescence. On évoque souvent leurs difficultés identitaires. Bien sûr. Si elles sont présentes chez la majorité des jeunes, cette question est à l'évidence plus aigüe chez les enfants adoptés. Mais il n'y a pas que cela: les éventuelles carences ou perturbations affectives et narcissiques rebondissent avec force. Ce qui ne s'est pas correctement structuré dans la petite enfance revient comme un boomerang.
Le soutien d'un professionnel peut s'avérer efficace, mais la majorité des adolescents, rechignent, pour ne pas dire, refusent d'y faire appel. Comme je l'ai souvent dit, le travail que nous pouvons faire nous-mêmes, le soutien que nous pouvons trouver auprès d'un thérapeute, peut s'avérer extrêmement bénéfique. A condition de ne pas considérer, comme je l'ai lu récemment, qu'il n'est pas nécessaire de voir un professionnel tant qu'on n'est pas malade...Ce à quoi, je réponds: il n'est pas nécessaire d'être malade pour aller mieux...! et surtout, quoi de plus banal que de traverser des moments difficiles; cela ne signifie pas que nous soyons malades, mais que nous pouvons, ponctuellement ou pour un temps limité, avoir besoin d'aide. Bref...
Ma propre expérience m'a montré qu'un point est essentiel: notre présence. De même qu'à son arrivée, nous nous sommes libérés pour lui donner les meilleures chances et lui avons consacré tout notre temps, c'est à l'adolescence qu'il a à nouveau besoin de nous sentir proche. Même s'il ne le montre pas, même s'il se rebelle, même s'il est en colère, même s'il a aussi besoin d'un certain degré d'autonomie. Evidemment, c'est plus compliqué à organiser: si l'on a droit à un congé d'adoption, nous n'avons pas de congés d'adolescence!
à suivre...
tout à fait d'accord sur le côté présence et disponibilité...
on croie qu'on en a "fini" une fois qu'ils sont plus autonomes que des petits, mais en fait, il faut être très disponibles, surtout mentalement, car il vont partager les choses importantes à des moments parfois inattendus, et là, pas question de reporter à plus tard : c'est un peu "on parle de ça maintenant ou jamais"; ça me frappe pour mon aîné (14 ans)
Rédigé par : Anne | 24/05/2011 à 08:25
"pas besoin d'être malade pour aller mieux"... Ça me plaît beaucoup; Je retiens... Merci!
Bises, Carole
Rédigé par : Carole Prunier | 25/05/2011 à 15:08