Quels que soient les efforts accomplis en amont de l'accueil d'un enfant, il peut arriver que le lien peine à se tisser. Malgré les espoirs et souvent en raison des attentes, le petit être qui nous a été présenté comme notre enfant demeure un étranger. Parfois, dès le premier regard, un parent peut ressentir une gêne, un recul même; parfois, il donne une chance à la relation, mais au lieu de s'améliorer, celle-ci va s'aggravant, jusqu'au pire dans certains cas, puisque certains parents finissent par renoncer.
Il ne sera jamais assez répété que la seule prévention à ces circonstances est une préparation solide à l'adoption. Et que, malgré tout, des naufrages peuvent arriver.
Il ne faut pas croire que l'adoption soit un processus naturel pour l'enfant, qui n'a au fond rien demandé la plupart du temps. Le témoignage de Barbara Monestier, dans son livre "Dis merci" en est un bon exemple. L'enfant peut se montrer distant, coléreux, en refus de la relation.
Mais je continue de penser qu'il n'y a pas d'échec en adoption si ce n'est celui de la parentalité. Il existe aussi des enfants biologiques difficiles, caractériels, et/ou glissant vers des comportements asociaux qui les conduisent vers un placement en institution ou en famille d'accueil. Mais dans la plupart des cas, parents et enfants traversent ensemble les crises les plus aigues. Le lien est irréversible.
Je ne porte ici aucun jugement envers ceux qui ont dû faire le choix de se séparer de leur enfant adoptif. Chacun fait de son mieux et je ressens beaucoup d'empathie envers toutes ces souffrances, celles des enfants bien sûr, mais aussi celles des parents.
Je crois néanmoins qu'il peut parfois exister, plus ou moins consciemment, un sentiment de réversibilité du lien qui fait obstacle à la construction de celui-ci quand les choses ne se passent pas bien. Il est de notre responsabilité, à nous qui sommes engagés dans l'accompagnement des parents adoptants, de mettre l'accent sur l'irréversibilité du lien adoptif dès le premier instant.
Mais les choses, heureusement, ne vont que rarement jusqu'au pire...
Comment, donc, créer ce lien lorsqu'il ne s'impose pas d'emblée comme une évidence? C'est ce que nous verrons dans le post suivant, dernier de cette série.
à suivre...
je ne ressens pas ce sentiment de réversibilité, même si je comprends qu'il puisse exister...
je crois que la sécurité juridique, notamment l'adoption plénière, fait parti intégrante du processus de filiation et de parentalité. C'est important pour moi que ce lien existe.
Brigitte
Rédigé par : brigitte | 09/05/2011 à 21:25