2. qui du parcours du désir à son accomplissement?
Le chemin vers l'adoption est un parcours long qui mobilise le meilleur de nous-mêmes: les questions que l'on se pose ou qui nous sont posées, le branle-bas intérieur, l'attente, les étapes, psychologiques et administratives, et l'attente, encore et encore, sclérosant progressivement notre esprit sur cette seule espérance: accueillir un enfant. Notre bonne volonté est mise à l'épreuve et parfois, chaque instant de notre vie est focalisé sur cette attente et son caractère insupportable. Nous sommes plein de bonnes intentions, comprenant le pourquoi du comment de chaque chose, mais petit à petit notre bon sens s'effrite. Nous pensons une famille pour un enfant, mais l'exaspération nous conduit quelquefois à vouloir cet enfant à tout prix et que l'enfant soit trouvé pour notre famille.
Il n'y a aucun jugement dans ce que j'exprime ici. J'en ai été non seulement le témoin, mais en ai fait moi-même l'expérience.
Notre vie entière, en particulier lorsqu'il s'agit d'une première adoption (comme d'ailleurs d'un premier enfant biologique), est tendue dans l'attente. Tendue est le mot juste.
Puis vient l'annonce d'un apparentement. La tension monte encore car à présent notre petit bout a un visage et il nous semble absurde de le faire attendre plus longtemps. Soyons honnêtes, d'attendre nous-mêmes plus longtemps. Notre être tout entier est contracté, et chaque jour qui passe exacerbe notre crispation.
Enfin, l'annonce du départ. Enfin, l'arrivée du petit être tant espéré. Enfin, nous le tenons dans les bras. Enfin...
Imaginez une corde que vous tireriez de toute votre force le plus longtemps possible. Vous la lâchez brutalement, que se passe-t-il? Vous tombez en arrière. Plof!
Et bien la même chose peut se passer à l'arrivée de votre enfant. Vous êtes épuisés, et vous lâchez toute cette crispation. Vous avez peut-être l'impression d'être décu. Votre enfant est là, dans vos bras et sur vos genoux, et vous n'en revenez pas de la simplicité de tout ça, toute compte fait.
Ne vous blâmez pas et donnez-vous un peu de temps, un peu de "bon"temps. Partagez votre émotion ou ce qui vous semble être un manque d'émotion. Surtout ne restez pas seul avec votre trouble.
à suivre
je n'ai pas ressenti cela à l'arrivée de ma fille, mais pour l'avoir observé de près chez quelqu'un de proche, je trouve que vous décrivez bien l'attente, sa crispation et le relâchement troublant de l'arrivée..
brigitte
Rédigé par : brigitte | 04/05/2011 à 21:47