J'ai regardé une longue retransmission d'un séminaire de Eckhart Tolle qui se passait à Findhorn, en Ecosse. Il revenait beaucoup sur une idée qu'il partage avec Richard Moss (et sans doute tous ces guides éclairés!): parce que nous n'avons pas conscience de notre unicité, nous sommes sans cesse en train de
chercher à combler ce que nous ressentons comme un vide en nous. Nous essayons en permanence de nous sentir spéciaux. Dans nos actions, nos paroles, nous nous comparons au reste du monde, et en particulier à ceux que nous rencontrons ou côtoyons, et nous nous définissons en étant plus que, ou par un ressenti d'être moins que. En gonflant notre estime de nous-mêmes, en nous positionnant en victimes, que ce soit des autres ou du passé, nous devenons des êtres spéciaux et nous donnons l'illusion d'exister.Ce qui est en manque en nous, c'est notre ego, notre forme. Le coeur de notre être est toujours dans la plénitude, et c'est en le recontactant que nous pouvons lâcher ce désir d'être plus que nous sommes. Car c'est absurde, nous sommes tels que nous sommes, et à nous plaindre ou nous surévaluer, nous passons à côté de cette quiétude que nous appelons tant. la satisfaction d'un désir, une réussite, un échec, une douleur, un chagrin, aussi agréables ou pénibles qu'ils soient, ne touchent que la partie temporelle de notre être, et sont donc passagers. Quelques uns d'entre nous vont chercher des pics émotionnels pour se donner l'impression de vivre, sans se rendre compte que cette vie-là, fluctuante, n'est jamais source d'une joie constante. En nous identifiant uniquement à notre personnalité et à nos actes, nous vivons une constante frustration.
Notre civilisation nous porte à agir à l'inverse de ce discours, nous sommes jaugés en fonction de nos réussites et de nos échecs. Il ne s'agit pourtant pas de rester passifs, mais de se laisser guider par la vie, en disant oui à ce qui est, et ça commence par nous-mêmes: dire oui à qui nous sommes.





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